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Je bois seule, trop et je perds la mémoire

Par Turquoise

Bonjour,

Je suis un peu deg, parce que j'ai créé une première discussion mais il y a eu un bug, donc pas publié, donc je vais tout réécrire, mais de façon peut-être plus succincte.

Je suis consciente que j'ai un problème avec l'alcool depuis plusieurs années, j'ai déjà tenté de me faire aider lors d'un passage à vide, mais ça n'a pas été simple; j'avais demandé de l'aide à mon médecin qui m'avait communiqué des n° de tel et adresses de services d'aide à l'addiction, mais le premier avait fermé, et le deuxième était débordé, la personne qui gérait les planning était en congés, on m'a demandé de rappeler 3 semaines après... autant dire que l'aide j'en avais besoin dans l'immédiat, je me sentais au fond du gouffre, et j'avais l'impression d'être seule au monde et de ne pas parvenir à obtenir de l'aide. Je me suis faite violence, et c'est passé.

De grosses addictions dans ma famille, mère alcoolique (aujourd'hui abstinente), oncle alcoolique, autre oncle et tante (tous les deux décédés cause toxicomanie), cousine de 11 ans mon ainée mais de qui je suis très proche, dépressive, addicte au cachet et alcoolique. Tout pour m'aider quoi...

Il m'arrive d'avoir des périodes durant lesquelles je ne bois pas du tout, et d'autres comme en ce moment, où je dérive et je deviens dangereuse, pour moi mais surtout pour les autres.

Il faut savoir que l'alcool à un effet aphrodisiaque sur moi... Et étant célibataire, bah ce n'est pas facile.
Samedi j'ai bu... une bouteille et demi (de vin rouge), et je n'ai pas trouvé mieux que prendre la voiture en plein milieu de la nuit alors qu'on est en couvre feu, prendre mon chat avec moi pour qu'il me serve de prétexte au cas où je me faisais arrêter, et aller voir mon ex. Le truc c'est que le trajet reste flou, et une fois arrivée chez lui je ne me souviens de rien... blackout total.

Je pense que lorsqu'on fait ce genre de démarche, il y a toujours un élément déclencheur... moi c'était hier soir. Je me suis énervée après une personne au téléphone (que je connais tout juste) mais je ne me rappelle de rien et j'ai dû aller très loin car cette personne ne me répond même plus. Bizarrement ce n'est pas les risques que j'ai pris samedi en conduisant, mais c'est le malaise qui découle de ce que j'ai pu dire ou pas à cette personne. Le fait de ne pas savoir, de ne pas se souvenir, est difficile à gérer pour moi.

J'ai envie de m'en sortir, j'ai envie d'avancer, j'ai envie d'aller bien, mais quand je me dis ça, je vois un chantier immense, car j'ai aussi des problèmes avec la nourriture (donc pb de poids), j'essaie d'arrêter la cigarette, et très clairement j'ai un problème avec mon passé, mais malgré mes séances chez le psy, je n'ai pas réussi à avancer sur ce point..

Et une chose aussi, une chose dont je n'ai jamais réussi à parler à mon entourage, mais j'ai eu envie d'en finir avec la vie. Non pas parce que j'étais triste, dépressive, ni au fond du gouffre comma ça a pu m'arriver. Non, pas ça. Juste... me dire que le futur m'effraye, que je n'aime pas ce que devient notre monde, nous sommes pollués par le négatif qui engendre encore plus de négatif. Je ne regarde plus la TV depuis le premier confinement, car je tente de me nourrir de positif, et d'éviter le négatif, mais j'ai l'impression que puiser le positif, même ça c'est une épreuve. Quand je vois la noirceur/douleur/souffrance que j'ai en moi, chercher le positif et éviter le négatif pour parvenir à avoir une belle vie, est un parcours du combattant quotidien.

J'aimerais savoir s'il y a des personnes qui sont parvenues à gérer leurs addictions sans faire de cure? comment elles gèrent? j'aimerais avoir des conseils, échanger, savoir si je suis susceptible de pouvoir m'en sortir, même si cela ne dépend que de ma volonté, mais je pense que j'ai grandement besoin de partager avec quelqu'un de neutre.

Merci pour votre lecture et merci pour les personnes qui prendront le temps de me répondre.

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19 réponses


Jp - 21/01/2021 à 16h36

Salut , alors je vais essayer de te répondre ... on peut s’en sortir sans cure . Moi je dérivais vers l’alcoolisme, j’ai perdu mon job avec le covid et être seul me pose un gros problème . J’ai bu une bière à 8,5 degrés et puis 2 et 3 et 4... en a peine 3 mois j’ai Quadruplé ma conso et l’heure de départ , je buvais vers 16h pour que ça me casse et ensuite dodo mais plus le temps passait et bien je buvais de plus en plus tôt Jusqu’au black out aussi ... idem que toi et que bcp de gens ici . J’ai bu , je suis rentré chez moi avec ma voiture et je ne me souviens de rien mais alors rien . Donc culpabilité et face à un choix : je continue ou pas ? L’alcool « me guéri »mon état dépressif mais je dois boire des quantités tjrs plus grandes . Je pense être devenu alcoolique , je pense être fragile face à l’alcool alors je suis allé chercher sur le net des témoignages de gens qui ont été hospitalisés , qui ont perdu leur conjoint(e) , qui sont perdu eux même ....comme nous un peu mais plus loin encore . J’ai essayé de comprendre cette addiction qui nous envoie vers le mur ! Un mot m’a aidé , tricher ... on triche avec l’alcool , reculer pour mieux sauter , dans le gouffre. J’ai compris que même si je souffre , je ne veux pas tricher (pas évident d’expliquer avec des mots) l’alimentation ( légumes , poisson ) est très importante , le sevrage sera plus rapide .
Un dernier mot si ça peut t’aider , le cerveau te met une pression horrible pour boire et te sentir soit disant mieux , ça dure maxi 45 min , tient le coup à chaque fois et ça s’estompe . Bref j’espère t’avoir un peu aidé .

Turquoise - 22/01/2021 à 04h38

Bonjour JP, merci de ta réponse

Me concernant , je me considère comme alcoolique, même s'il n'y a rien de régulier dans ma consommation, le fait de boire seule et de ne pas avoir de limite dans la quantité, pour moi c'est être alcoolique.

Tu as visiblement comme moi mis le doigts sur ton problème, (perso je trouve que c'est un très grand pas d'en être conscient) du coup tu en es où dans ta démarche de le résoudre ? Est ce que tu as commencé à essayer de diminuer ta conso? Est ce que justement le fait de ne pas avoir de travail pourrait t'inciter a faire une cure? Non pas que je ne jure que par ça, mais t'es encadré, et toi tu as peut être la solitude qui vient s'ajouter à l'alcool (ou vice versa) donc est ce que ça ne pourrait pas t'aider un peu plus?

Hier soir je n'ai pas bu, j'en ai eu envie mais j'étais trop mal de la veille (moralement).

Bonne journée

Olivier 54150 - 22/01/2021 à 16h46

Bonjour tous, Bonjour Turquoise.

Heureusement il est possible d'arrêter voir de gérer sa consommation sans faire de cure.
J'en ais fait une en 1998 car j'étais incapable de rester 6h sans boire ce qui n'est pas ton cas.
Depuis je m'intéresse aux addictions, à mon niveau.
Comme dit JP, consommer un psychotrope c'est tricher.
C'est tricher avec ses émotions.
On les fait taire alors qu'elles ont beaucoup à nous dire.
Quelle soit agréables ou pas, les émotions nous parlent de nous, de ce que nous n'avons pas compris, de nos douleurs, de nos manque, de notre passé... Les émotions sont des mines d'or pour se découvrir.
Je t'invite à aller voir la chaîne Youtube de Laurent Martinez qui en parle très bien, je trouve.
J'ai aussi crée un petit site où je mets les choses qui mon aidé à pérenniser mon abstinence : https://olivierm54.wixsite.com/communications/news-and-events

Voilà, prends soin de toi, surtout n'hésite pas à lire et écrire ici et à appeler le numéro vert du site. Tu n'est pas seule.

Oliv


Turquoise - 22/01/2021 à 18h33

Merci beaucoup Olivier

Profil supprimé - 23/01/2021 à 00h49

Bonjour Turquoise
Je comprends tout à fait ce que tu ressens.
Je viens de lire ton message qui m'a bouleversé!
Je suis dans le même cas que toi et je me suis décidée à appeler ce soir alcool info service.
Je bois tous les jours une bouteille et demie de vin.
Je bois jusqu'à l'ivresse.
J'ai perdu des amis a cause de l'alcool
Comme toi je ne me rappelle plus de ce que j'ai dit ou fait.
Si tu veux nous pourrions discuter de cela par téléphone
On se sent moins seule lorsque l'on sait que nous ne sommes pas seules dans cet enfer
Carole

Doclu - 23/01/2021 à 12h28

Ma question qui ne se veut pas du tout intrusive est pourquoi pas de cure ?
Personnellement je m’y suis refusé très longtemps à cause du regard des autres ,jusqu’au jour où .....cela a été ou moi ou les autres
Et j’ai CHOISIS MOI,
le vrai
Amicalement

waterfan - 24/01/2021 à 07h22

Bonjour Turquoise et joyeux dimanche. J'espère que tu ne reviens pas de virée en voiture dans tout le département après deux bouteilles de Bordeaux happy

Je te rejoins totalement sur la honte d'oublier ce qu'on a fait et la peur des conséquences. Je suis adepte des messages saouls, pour lesquels j'éprouve de la honte le lendemain. Les gens qui vous connaissent savent que vous êtiez saoul car elles reconnaissent le ton et les thèmes que vous abordez alcoolisé.

Bien entendu j'envoi ces messages par solitude , aux amis ou plus, mélancolie du passé, idéalisation d'une époque plus jeune. Et comme mes plus proches me connaissent ca me fait plus mal car ils savent très bien que j'ai bu quand je leur parle de vieilles anecdotes et souvenirs ensemble.

Comme beaucoup l'alccol que je prends le soir me sert d'anti dépresseur et il submerge l'angoisse. Ma vie n'a rien d'horrible, j'ai un travail reconnu , deux enfants en bonne santé ( mère alcoolique mais après sa retraite donc je n'ai pas souffert de cela jeune)

Je buvais beaucoup en fête dès le lycée mais c'est resté comme cela très longtemps, 2,3 fois par semaine. J'ai commencé à boire qutidiennement quand les responsabilités se sont accrues. Travail, enfants, maison...

Les médecins et services dédiés à l'alccool m'ont beaucoup aidé ( traitement + suivi psy) même si les rechutes sont nombreuses

Je suis toujours alcoolique mais cela fait une semaine que je n'ai pas bu. Suite à une soirée honteuse qui m'a encouragé à ne pas boire. 7 jours sans boire je suis content.

Turquoise, je comprends bien que tu bois parfois et que donc ton corps n'est pas dépendant mais ta psychologie oui. Apres mes nombreuses heures avec psy j'ai compris une chose c'est de savoir identifier ses sentiments ce qui est plus difficile que l'on croit et plus difficile pour certaines personnes. Suis je triste? suis je anxieuse? suis je seule? ai je peur du temps qui passe? On ma dit d'essayer d'interpreter ces sentiments ( travail de plusieurs moi avec un journal).

je réussis mieux à interpréter mes sentiments, ca n'empeche pas de reboire ce serait trop facile mais ca aide. Je peux parfois me dire "Paul tu es anxieux? , pourquoi? travail demain? ok mais tout sest bien passé aujourd'hui pourquoi pas demain? '

Dernière chose et pas la plus simple car cela dépend de notre contexte personnel, c'est d'avoir des projets, cela aide beaucoup. ( voir un film le soir au lieu de boire, promenade avec un ami(e), repas avec un ami sans boire, weekend ou plus)
Voilà mes quelques modestes leçons retenues après ces 15 ans d'alcool.
Bon dimanche Turquoise, je vais courir même si j'ai pas envie, après je me sens bien, je me lave, j'ai faim et mon coeur va un peu mieux...

Paul, nom de plume.

Gwen44 - 24/01/2021 à 12h58

Bonjour....

En lisant les témoignages des uns et des autres, je me sens un peu moins seul dans cette galère qui a prit trop de place dans ma vie.
Fut un temps, je fumais du cannabis, je prenais des extasys et un jour je me suis dit stop!
Ca a bien marché, je n'ai plus touché à cette merde seulement je me suis retourné vers cette drogue légale qu'on trouve partout et à n'importe quelle heure.
Je me suis coupé de toute mes relations sociales pour éviter de replonger dans l'adicction et pourtant, une autre m'a envahie; l'alcool.
Le travail m'aide a ne pas boire toute la journée et pourtant, tout les soirs je m'enfile une demie bouteille de sky. Je n'arrive plus a vivre normalement, faire des rencontres, me faire plaisir à dépenser de l'argent pour me vêtir ou meubler mon appartement.
Parfois, j'arrête pendant quelques jours de boire, dans un sursaut de bienveillance pour mon corps et mon esprit et je n'arrive plus à dormir.... C'est le bordel quoi !

Turquoise - 25/01/2021 à 09h38

Bonjour Doclu,

Aucun problème, ce n'est pas un secret, rien avoir une potentielle honte de faire une cure, mais tout simplement ma vie ne me le permet pas. J'ai un travail à responsabilité, et à côté de ça j'ai 5 chats. Je n'ai pas envie de les laisser à quelqu'un pour qu'il s'en occupe ni faire passer quelqu'un pour les nourrir, et puis ils me manquerait trop. Rien que m'absenter 3 jours c'est moralement compliqué pour moi.

Peut-être que ce ne sont que des excuses inconsciemment, mais en l'état, je ne me sens pas capable de les laisser.

C'est peut-être bête à dire aussi, mais je me dis que j'en ai vécu des choses pas très belles et que je les ai toujours surmontées. Alors pourquoi pas y arriver toute seule, en faisant des efforts au quotidien et en améliorant ma vie par des changements petit à petit. C'est comme tu vois, j'ai déjà fait une cure d'amaigrissement, bah presque 10 ans après j'ai pris encore plus de poids qu'avant de la faire. Donc je me dis, il faut que de moi même je parvienne à trouver le déclic qui me fera avancer et mettre ça derrière moi.

Merci de ton retour en tout cas happy
Excellente journée

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