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Soirée de merde

Par Lilys

Soirée de merde.

Hier matin, un samedi un peu triste de fin de vacances. Il fait beau, les congés se sont bien passés dans l'ensemble, avec un dérapage alcoolique tous les 3-4 jours environ à l’occasion de petites courses banales qu'il fait seul.

Il a très mal dormi cette nuit, je le sens angoissé au réveil.
Il est allé faire quelques courses au magasin resté ouvert ce 1er mai, et m'a paru bien énervé en rentrant. Je soupçonne immédiatement l'achat une petite bouteille de vodka, bue rapidement et jetée sur le chemin du retour.
Il me propose une balade que j’accepte avec le soulagement de ne pas rester coincée à la maison, entre lui et ma suspicion.

Au retour, la situation reste gérable, quelques pics, provocations et taquineries mais sans plus. L’après-midi passe, longue, au rythme de ses sollicitations. Je le sens pret à exploser à tout moment mais j’évite les confrontations, je pare, j'esquive, utilisant le moins de mots possible pour ne pas relancer la machine, espérant qu'il se calme enfin et me laisse respirer.
Peine perdue, lui ce qu'il veut c'est dialoguer, il aime la joute verbale. Il me le dit pourtant clairement. Il veut discuter avec moi. Il aimerais que je réponde à ses attaques au lieu de lui renvoyer un silence renfrogné, dédaigneux, condescendant. Mais de mon côté c'est trop tard, j'ai déjà capitulé. Je me sens coincée car je sais que tout ce que je dirai sera coupé par un violent contre argumentaire. Alors je me mure toujours plus dans le silence, devant mon écran. Je sais que ça le rend furieux mais c'est mon mécanisme de défense.

Ultime provocation, il commence a me prendre en photo. Il me mitraille, téléphone en main en me balançant des vacheries à la gueule, et me poursuit dans ma fuite vers la chambre.
Je perd alors mon sang froid, arrive à lui arracher le téléphone des mains et le jette sur le canapé.
Il perd pied! Il m’attrape et me serre les poignets en gueulant « mais qu'est ce que t'as, dis moi ce que t'as, pourquoi tu fais ça ! ».
Je me débat férocement et lui répète sans élever la voix de me lâcher. Lui, hurle qu'il ne me lâchera pas. La bataille ne dure que quelques secondes mais j'ai réussi à le faire lâcher. Il se colle alors à moi, menaçant, et me barre le passage en hurlant des choses que je ne saisis pas. Je suis acculée dans un coin de la pièce, les toilettes sont juste là, je les vois comme une issue de secours, lui lance alors un « dégage » haineux, le pousse et m'y barricade.
Je l'entend frapper les murs en hurlant mais je respire. Il s'en va se calmer sur la terrasse et je regagne prudemment un coin de canapé.
A son retour il se colle devant la Tv et allume la console. Il me passe la manette, tentative de réconciliation, mais je n'y suis pas, mon cerveau est encore sous le choc et je fais de grosses bourdes. Il s’énerve à nouveau.
Je fuis encore, dans la salle de bain puis la chambre, il est 21h00, j'ai faim… tant pis.

Il joue encore à la console quelques heures, puis me rejoint et se couche à coté de moi en me reprochant d'avoir péter un câble, me disant qu'il me quitte, puis se relève et décide de passer finalement la nuit dans le canapé.
Je ne tiens plus, hors de moi je me relève et le charge à mon tour. Lui lance que c'est lui qui pète les plombs, preuve à l’appui via l'enregistrement audio que je démarre souvent à son insu quand je sens la situation m’échapper.
L'erreur, la faute, le carton rouge. Je sais pourtant que mes petits enregistrements ne doivent pas être utilisés de cette façon.
J'ai craquée sous le poids de la mauvaise foi, des mensonges et des cachotteries. Une envie de vengeance, de lui prouver que j'ai raison.
La tension monte encore d'un cran, il m’insulte depuis le canapé. « Pauvre fille, enculeuse de merde, petite saleté, connasse, etc. »
Je ne répond plus, il va s’essouffler, j’attends en silence.
Du fond de mon lit je l'entend enfin ronfler.

Soirée de merde.

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