Bonjour,
Si je pouvais définir mon état actuel, ce serait : "angoissée".
J'ai refait ma vie à 40 ans, après avoir eu 2 enfants et une vie sentimentale compliquée. Je suis tombée éperdument amoureuse de mon conjoint il y a presque 3 ans. Nous nous sommes mariés il y a presque 2 ans. Il avait déjà 2 enfants, et j'ai aussi déjà 2 enfants (nous n'avons pas d'enfant ensemble). Nous vivons donc notre "idylle" avec nos 4 enfants, ce qui n'est pas simple de nos jours, en mode "recomposé".
L'ombre au tableau c'est que je dois depuis peu me résoudre à admettre que mon mari est alcoolique.
Je ne l'ai pas interprété de cette manière au début : nous prenions régulièrement ensemble apéritifs (vin ou bière) et vin à table, quotidiennement, en mode "festif" ou en mode "décompression de fin de journée". Cela est devenu bien trop régulier pour moi et ayant la phobie des addictions, j'ai totalement stoppé ces habitudes pour ma part. Je ne bois plus d'alcool en semaine. Juste un peu de vin occasionnellement ou champagne pour les grandes occasions.
Mon mari lui est par contre dans le déni total et n'a absolument pas ralenti sa consommation d'alcool. Il boit de l'alcool quotidiennement, il est totalement incapable de passer une journée sans boire, même s'il est malade (même avec la grippe je l'ai vu boire de la bière). Cette régularité, j'ai pris conscience que c'est déjà de l'alcoolisme.
Mais ce qui m'angoisse encore plus, c'est qu'à chaque émotion, il augmente les doses d'alcool : s'il est heureux (par exemple parce qu'il trouve qu'il a bien travaillé ce jour-là - il est artisan à son compte), s'il est en colère aussi (lors de nos disputes), etc. Dans ce cas, il boit une quantité bien trop important de vin ou de bière, en très peu de temps. Il boit à la maison, dès qu'il est à la maison.
Hier soir encore, je suis partie au sport pendant seulement une heure de 18h à 19h et lui ai confié la garde de mon fils de 10 ans (nous n'avions que lui hier soir). Et le temps d'une heure, il a bu plus des 3 quarts d'une bouteille de rosé. Je suis rentrée et j'ai de suite compris qu'il avait bu : dans ces moments-là, il parle fort, est euphorique, il répète 100 fois les mêmes choses, etc. Là son alibi c'est qu'il était fier d'avoir préparé le dîner et allumé la cheminée en mon absence, pour que je n'aie qu'à mettre les pieds sous la table...
Cela est régulier, je lui ai fait part de mon ressenti par le passé, mais cela s'est à chaque fois soldé par une colère énorme de sa part : il me fait passer pour la "Raba-joie", celle qui l'empêche de faire ce qu'il veut (ça il le répète souvent). Il retourne toujours la faute contre moi et est dans le déni total de sa consommation anormale d'alcool. Il se dit être "quelqu'un qui aime bien boire une bière de temps en temps". Et moi, pour peu que je prenne du vin à une occasion particulière (repas de famille ou avec des amis, le week-end de temps en temps, sans jamais dépasser 3 verres de vin grand maximum, étalés sur plusieurs heures, avec repas en parallèle), il me rabâche que j'ai moi aussi bu (et extrapole la quantité d'ailleurs), pour me faire culpabiliser.
Je ne peux plus vivre cela. Je lui ai déjà dit. À la dernière dispute à ce sujet juste avant Noël, je le voyais descendre les bières une à une (après avoir consommé du rosé) en me criant dessus sur un tout autre sujet. Nous n'avions aussi que mon fils de 10 ans ce soir-là. Je le suppliais de baisser d'un ton, pour ne pas apeurer mon fils. Il ne s'est pas calmé. Lorsque je lui ai dit que son comportement avec l'alcool était dévastateur pour son entourage, il a répondu "je me casse". Il a quitté le domicile familial toute une soirée et est revenu dans la nuit. Je ne savais plus quoi faire pour masquer mon angoisse face à mon enfant. Je refuse que mon enfant vive cela.
Par le passé aussi, je l'ai surpris à faire des avances à une de ses amies alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool (lors d'une fête que je lui avais organisée pour son anniversaire). Il a nié évidemment, et me fait systématiquement passer pour folle.
J'ai vécu des tas de moments tellement angoissants depuis des mois. Je m'autodétruis intérieurement.
Il vit chez moi avec ses enfants (j'étais propriétaire de ma maison avant qu'on soit ensemble), j'ai tout fait pour qu'on soit bien tous ensemble. Nos modes de vie sont totalement différents, nos façons de voir les choses aussi. Mais jusque là, notre amour était plus fort que tout et permettait d'affronter les difficultés d'une famille recomposée. Plus maintenant.
Il faut préciser aussi que c'est un très gros fumeur. Mais comme je lui ai dit parfois, lorsqu'il ne sait pas maîtriser ses émotions, je préfère qu'il fume des cigarettes plutôt qu'il boive. Je sais qu'il ne peut pas arrêter les 2. Alors je préfère qu'il garde le tabac comme addiction, plutôt que l'alcool, qui modifie son comportement et me terrorise.
Il a aussi fait le choix d'une reconversion professionnelle depuis qu'il est avec moi : il travaillait auparavant dans le commerce et avait des horaires de travail très compliqués. Il a tout plaqué. Il s'est mis à son compte en autoentrepreneur. C'est quelqu'un de brillant, autodidacte, doué en tout. Je suis fière qu'il réussisse professionnellement. Mais il est de ce fait plus souvent à la maison, et dès qu'il est à la maison, il boit de l'alcool (moyenne sur une journée : 5 bières + du vin). J'appréhende tellement quand je sais qu'il est à la maison!
Personne autour de nous ne peut imaginer ce que nous vivons à la maison à cause de son alcoolisme qu'il n'assume pas du tout. Mes parents ne me croient pas (il sait très bien se comporter devant eux). Et mes parents sont très échaudés par mon passé affectif raté, et ont malgré tout accueilli mon nouveau mari à bras ouverts, ils le considèrent comme leur propre fils. J'ai tenté de parler à ma mère de ce qui se passe parfois à la maison à cause de l'alcool, mais elle minimise totalement (elle serait même capable d'imaginer que j'extrapole pour me faire passer en victime et justifier encore une nouvelle rupture). Mes parents ne se remettraient pas si je devais quitter mon mari. Je n'ai qu'eux car je suis fille unique. Ils m'aident beaucoup matériellement et pour garder mes enfants. Je ne peux pas leur faire ça. Et puis j'aime mon mari et je suis convaincue que nous pouvons vivre vraiment de belles choses ensemble. Je ne peux juste plus du tout vivre dans cette angoisse, pour moi et pour mes enfants (mon aîné de 17 ans ne vit même plus avec nous, il vit chez son père : je pense que sa crise d'adolescence et mon remariage l'ont fait fuir, c'est un traumatisme pour moi aussi).
Je m'inquiète aussi car je suis sur le point de changer de poste de travail, pour prendre encore plus de responsabilités professionnelles, mais cela implique des amplitudes d'horaires de travail plus importantes : je vais donc rentrer plus tard le soir. Tout comme d'aller au sport maintenant, j'aurai aussi très peur de rentrer tard le soir et de retrouver encore mon mari alcoolisé (et pire : en présence des enfants). J'ai peur d'aller travailler, j'ai peur d'aller au sport, j'ai peur de m'absenter de la maison.
Que puis-je faire pour mieux supporter cette situation et pour avoir foi en l'avenir? Pour retrouver un mari sobre durablement, tel que je l'aime?
J'ai maintenant très peur de lui et de ses réactions, je n'ose plus lui parler de tous ces problèmes car je n'ai plus du tout la force d'affronter ses colères (et puis on dirait qu'il fait exprès que ce soit en présence des enfants, pour que je me contienne davantage). Ma santé en pâtit. J'ai perdu goût à la vie (je me concentre plus sur mon travail mais je reste angoissée).
Je voudrais tellement le retrouver sobre, qu'on soit sereins et apaisés. Dès qu'il ne boit pas, j'aime tellement échanger avec lui. C'est les montagnes russes!
J'ai pris rendez-vous dans 3 semaines dans un centre qui aide les proches d'alcooliques. Mais en attendant j'avais besoin d'écrire ce que je vis (je le ferai peut-être lire à la personne qui va me recevoir en entretien, si toutefois je n'arrive pas à parler de vive voix, submergée par les sentiments).