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Ma mère alcoolique depuis des années

Par clem_33st

Bonjour à tous, je suis nouvelle sur ce site et je vous contacte car je ne sais plus quoi faire.

Depuis des années, ma mère (actuellement 64 ans) est sous l'emprise de l'alcool. Désormais à la retraite, pauvre et vieillissante, la seule chose qui lui fait du bien est l'alcool, les sensations que cela lui procure, elle n'a plus de douleurs et se sent bien.
Or dans ces moments ses comportements sont compliqués à gérer. Pour preuve, un jour, ivre, elle est tombée et s'est fracturé la fibula (os de la jambe).

L'année dernière, j'ai quitté le domicile pour mes études et elle s'est retrouvée seule à la maison, sans aucun objectif. Son état a empiré, elle buvait de la vodka et était saoule dès 15 heures...
Avec mes frères, nous avons essayé de l'aider, de lui parler, mais elle nous mentait sans cesse, cachait les bouteilles dans tous les recoins de la maison.... et on ne pouvait pas être avec elle constamment à cause de nos études/travails.

J'ai réussi à lui faire comprendre qu'il y avait un problème, elle a arrêté la vodka pour se réfugier dans le vin, et a commencé à se faire suivre par notre medecin traitant. Ce dernier lui a prescrit des médicaments mais je doute qu'elle suive à la lettre son traitement....

Elle devait aller voir un addictologue mais suite au confinement le rendez-vous est annulé.

Elle commence à avoir la volonté de se reprendre en main, d'arrêter l'alcool mais physiquement elle dit ne pas pouvoir, qu'elle tremble, qu'elle fait de la tachycardie... et qu'elle ressent le besoin. Je comprends très bien et c'est un long combat à mener.

Mais je pense que le problème est plus profond. Si elle boit c'est car elle est seule, sans objectif dans la vie. Avec mes frères nous essayons de passer un maximum de temps avec elle, et nous sommes avec elle durant le confinement. Mais selon elle, "a quoi bon arrêter de boire, de toutes façons je vais crever, j'ai mal partout, je sers plus à rien..." C'est très dur à entendre... On essaie de lui offrir un maximum d'opportunités, de la faire sortir, de lui changer les idées mais elle n'a envie de rien... Elle voudrait voyager mais nous n'avons pas assez d'argent, elle croule sous les dettes, ce qui la déprime davantage...

Je ne vous demande pas de remède miracle mais si vous avez une analyse ou une idée constructive à nous faire part, je vous écoute. Elle est déjà allé aux alcooliques anonymes (sans succès au contraire ça l'a déprimé de voir le malheur des autres)... Elle n'a pas beaucoup d'amis non plus.

Merci à ceux qui ont prit le temps de lire, bonne journée

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2 réponses


patricem - 01/04/2020 à 09h23

Bonjour,

elle peut essayer une hospitalisation dans une clinique ayant un programme pour l'addictologie. En clinique conventionnée et chambre double, elle ne devrait pas avoir de frais.

Ils commenceront par la sevrer avec du valium pour limiter la sensation de manque, sous surveillance médicale. Puis ils regarderont peut être ses autres douleurs pour les calmer sans recours à l'alcool. Il est aussi possible qu'elle ait un accès à un psy, sur demande.

Et certaines cliniques gardent les gens le temps qu'il leur faut : si c'est trois ou quatre mois, alors elle sera gardée ce temps là.

Courage,

Patrice

Sophiiie88 - 01/04/2020 à 10h33

Bonjour clem_33st,

J'ai lu avec beaucoup d'attention votre message et je suis très émue par votre volonté d'aider votre maman, merci pour elle !
Si votre maman a des tremblements et fait de la tachycardie lorsqu'elle ne consomme pas d'alcool, je lui conseille vivement de suivre un sevrage dans un centre spécialisé.

Là-bas, elle sera encadrée et soutenue par une équipe de spécialistes (infirmières, médecins, psy à disposition, traitement médicamenteux si nécessaire avec suivi…). Elle aura également accès sur place à des groupes de paroles, visionnages de vidéos qui parlent de l'addiction, mises en situation/sketch pour appréhender au mieux l’extérieur. Pas d’inquiétude, ce n’est pas l’école ni l’armée, si votre maman ne veut pas parler on ne la forcera pas.
Pour avoir fait 3 cures je sais qu’il faut plusieurs jours avant d’oser participer, notamment aux groupes de paroles.
Les gens ont souvent peur d’aller en cure, moi j'en garde un bon souvenir. Attention je ne dis pas que c'est le Club Med, mais je veux simplement vous assurer que ce n'est pas lugubre comme un hôpital. Mon centre était situé dans un cadre verdoyant pour inciter au repos, j’ai pu me recentrer sur moi, tout est fait pour repartir à zéro.

Outre l'aspect médical, l’autre intérêt est que tu côtoies d'autres patient(e)s, alors bien sûr au début tu restes dans ton coin puis très vite tu te mêles aux autres. Tu te rends compte que la maladie touche tous les âges, toutes les classes sociales, hommes, femmes etc… votre maman est loin d’être seule, ça permet de reprendre confiance en soi.

Une autre chose m'a interpellée et beaucoup touchée, c'est quand vous dites que votre maman a peu de revenus, à ce sujet 3 choses ;

1/ Sauf erreur de ma part, une cure de désintoxication est prise en charge comme une hospitalisation. Renseignez-vous auprès de votre Sécu + Mutuelle, et bien sûr, auprès de son médecin traitant/addictologue pour une demande d'admission en cure (même si son rdv a été annulé en raison du confinement, certains consultent en téléconsultations) ou bien patientez.

2/ Acheter je ne sais combien de bouteilles de vin ou vodka par semaine n'arrangera pas ses finances. Ok, votre maman oubliera quelques heures ses soucis mais il faut qu'elle comprenne que cela est artificiel ! Et qu’une fois les effets de l'alcool redescendus les problèmes seront toujours là, les sous en moins et la gueule de bois en plus.

3/ Votre maman a l'air de mal vivre la solitude, la retraite, je cite : "je sers plus à rien". Il faut absolument qu'elle trouve une activité et si possible en groupe. Il existe des sites internet qui l'aideront à se mettre en contact avec d'autres personnes seules pour faire des sorties ensembles (rando, ciné, musée, théâtre...). Vous pouvez également vous renseigner auprès de la Mairie, il existe peut-être des activités proposées pour les retraitées au sein de sa commune. Et enfin, je pense aux associations, être bénévole est un excellent moyen pour sortir, rencontrer du monde, se sentir utile et tout cela gratuitement (resto du coeur, SPA ...)

J'espère que mon message vous aidera un petit peu.

Je reste à votre disposition, n'hésitez pas.

Cordialement,
S.

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