Bonjour à toutes et tous,
Il est difficile pour moi de savoir par où commencer... Mon compagnon, dont je partage la vie depuis 18 ans et avec qui j'ai un fils âgé d'aujourd'hui 12 ans, est parti de la maison depuis une semaine. Je ne dirais pas qu'il est à la rue, mais presque... J'ai évidemment tout fait pour éviter cette situation, la goutte d'eau ayant été quand il m'a annoncé qu'il avait retrouvé sa première compagne avec qui il avait eu une histoire il y a 30 ans...
Alors, l'alcool dans tout ça... ? Omniprésent : des cannettes dans la chambre à coucher; un contrôle alcoolique positif à 15 heures avec plus du double du taux autorisé, notre fils qui rentre de l'école et vérifie sur le balcon si des cannettes sont cachées ou pas...
Le paradoxe de la situation, c'est qu'on rêve que la personne et sa dépendance disparaissent pour pouvoir souffler et qu'une fois que cela se produit, on se sent coupable, coupable de ne pas avoir réussi à tirer la personne vers le haut, coupable de ne pas avoir su quoi faire pour lui donner envie de s'en sortir...
L'histoire se répète pour moi car mon papa était alcoolique ; il ne s'en est pas sorti et est décédé à l'âge de 49 ans. Ma maman, avec qui il était séparé, savait parler à mon compagnon, et le raisonner - ce que je n'ai pas réussi à faire... Ma maman est décédée au mois d'août 2025 et j'ai comme la sensation d'avoir perdu ma seule alliée dans cette situation. Sa famille à lui est géographiquement loin - sa maman est dans le même cas que lui et a subi beaucoup de traumatismes qu'elle lui a, je pense, transmis. Son papa est présent, mais semble démuni, sans vouloir me parler ; j'ai l'impression qu'il me tient pour responsable de la situation.
Je l'ai toujours connu buvant beaucoup; mais le COVID a clairement été un facteur aggravant. Indépendant, il travaillait alors seul depuis la maison, contrairement à moi qui devait me rendre au travail. Je pense que c'est vraiment à ce moment-là que la situation a dérapé. Je le voyais boire en se levant le matin; mais il me jurait ensuite qu'il avait ouvert la cannette pour "l'aérer"... Je m'en veux tellement de n'avoir pas réagi... Pour notre fils, je voulais faire comme si tout allait bien, comme s'il n'y avait pas de problèmes - il y avait l'appartement et les factures à payer, je ne pouvais pas flancher...
En 2022, je suis ensuite tombée malade, un cancer heureusement sans trop de gravité, et j'ai dû me soigner ; on m'a dit qu'il fallait que je prenne soin de moi et, encore une fois, je n'ai pas eu l'énergie de réagir. Au travail, j'ai ensuite dû prendre la relève de ma supérieure, en burn out, idem : pas le droit de flancher. Et puis c'est ma maman qui est tombée malade, toujours pas le droit de flancher...
Et puis, maintenant, tout s'effondre. J'aimerais tellement parvenir à l'aider mais me sens tellement démunie... Il y a deux ans, il y a eu une première grosse alerte - il ne gérait tellement plus sa situation qu'il avait été condamné à une forte amende pour factures impayées. J'ai alors voulu le faire hospitaliser, pour entrer en cure mais il a refusé, persuadé qu'il allait y arriver seul, à la maison, avec notre fils qui voyait tout... Je l'ai vu un jour rentrer littéralement plié en deux et marchant de travers car il s'était trompé dans la posologie des médicaments qu'il prenait...
J'aimerais tellement le convaincre de suivre une cure pour essayer de s'en sortir, si pas pour moi, pour notre fils, au moins... Mais il n'a plus de couverture sociale. Je lui ai demandé de reprendre tous ses papiers pour qu'on regarde ensemble et règle la situation, mais il refuse mon aide. C'est là qu'il est parti...
Je gère tout, financièrement parlant, et je conçois que cela doit le mettre dans une situation compliquée, mais je ne sais plus ce que je dois faire...
Il semblerait qu'il ait de toute façon pris la décision de lui-même. Notre fils a toujours de ses nouvelles, moi pas. J'ai voulu mettre de la distance et écouter ceux qui me disent que je dois prendre soin de moi et de mon fils, mais bon sang que c'est dur...
Merci à ceux qui me liront. J'espère qu'il y aura une lumière au bout de ce tunnel...