Bonjour,
C’est une première ici pour moi, mais je me sens si seule.
Je suis séparée du père de mes enfants depuis 8 ans maintenant.
Mes enfants ont actuellement 10 et 12 ans et sont en garde alternée depuis le début de cette séparation.
Fin janvier 2026 : appel de l’école des enfants un soir, sur la semaine de garde du papa, l’infirmière scolaire m’informe que l’état de leur père ne permet pas que l’établissement autorise les enfants à repartir avec lui.
Et voici comment la dépendance alcoolique est apparue dans ma vie. C’est suite à cet événement que les enfants ont commencé à mettre des mots sur ce qu’ils vivaient depuis des années auprès de leur père sans que je n’en sache rien. Je me suis évidemment trituré les méninges à coup d’insomnies, et les liens se sont faits petit à petit sur les quelques indices qu’ils avaient essayé de me glisser auparavant . « Papa est tout le temps bizarre », c’est donc leur terme pour désigner leur père alcoolisé. Je n’avais pas su, pu ou voulu le voir. Tellement difficile, surtout ne vivant pas sous le même toit. Pourtant, la culpabilité est bien présente…
L’école a évidemment rédigé une IP (Information Préoccupante), s’en sont suivis des entretiens avec une assistante sociale (pour le papa, les enfants et moi) qui a conclu que tout allait mieux désormais, l’IP ayant agi comme un électrochoc pour le papa qui a cessé sa consommation depuis cet incident.
Moins de 2 mois après cet événement, les enfants dont la parole était désormais libre chez moi évoquent de nouveau des consommations quotidiennes et en excès avec le retour du « papa bizarre ».
Jusqu’à ce jour où mon fils m’envoie un message vocal lorsqu’il était chez son père: on y entend un enfant qui se cache, pleure et me supplie de rappeler « la dame » (l’assistante sociale) pour aider papa car il reboit. Il avait peur et se sentait en insécurité.
J’ai frappé à toutes les portes, infirmière scolaire, assistante sociale, j’ai appelé mon avocate, c’est finalement auprès du médecin traitant des enfants que j’ai trouvé une oreille bienveillante et attentive en lui faisant écouter les messages de mon fils. Elle a, à son tour rédigé une nouvelle IP.
Nouvelle enquête sociale avec d’autres assistantes sociales et des visites à domicile. La dernière visite a eu lieu à mon domicile, pile une semaine après que les enfants aient emménagé dans une nouvelle maison du côté de leur papa, avec sa compagne et ses 2 enfants. Une nouvelle vie a 6 dont la première semaine fut la lune de miel. Evidemment, le discours des enfants fut très positif, en plus papa avait enfin repris le sport et ne buvait plus (les enfants avaient remarqué qu’il ne buvait jamais devant sa compagne, jamais en excès).
L’assistante sociale a remis ses conclusions : tout va mieux et semble en bonne voie.
Sauf que, cette « lune de miel » n’a visiblement duré qu’une semaine.
Les enfants se plaignent dès qu’ils reviennent de chez leur père, ils m’expliquent qu’à la moindre sortie de sa compagne (aller récupérer son enfant au sport, à l’école, faire une course, etc) leur père en profite pour aller boire en cachette. Il parle d’aller sans cesse dans le garage. Les enfants perçoivent un comportement altéré, l’odeur caractéristique de l’alcool qu’il boit. Ma fille a découvert la cachette avec plusieurs bouteilles de l’alcool fort qu’il consomme. Et cela fait 2 week-ends de suite que la compagne en question est de sortie, laissant mes enfants seuls avec leur père, qui se retrouve moins contraint et s’alcoolise plus massivement.
Je suis infiniment triste de ce que vivent les enfants, triste aussi pour leur père évidemment.
Je ne suis pas dans leur vie, leur quotidien, mais je peine à croire que cela peut s’améliorer. J’appréhende le moment où sa compagne le découvrira, que l’équilibre de cette famille recomposée vole en éclat et que les répercussions soient lourdes et nombreuses.
Du peu que j’en perçoive, le papa me semble être malheureusement toujours dans une phase de déni, de minimisation. J’ai le sentiment, par le récit des enfants, qu’il est en train d’adapter ses consommations à son nouvel environnement de vie, en dissimulant, changeant les lieux et certainement rythmes et quantités consommées.
Je me sens dans une totale impuissance. Pas de maltraitance ou négligence qui permette de remettre en cause la garde alternée, mais des enfants qui manifestent clairement une insécurité émotionnelle, et des services sociaux qui concluent que le dossier mérite d’être clôturé.
Je suis en vigilance permanente sans pouvoir rien observer que le discours de mes enfants.
Comment les aider ?
Que faire ?