Bonjour,
Mon conjoint, 47 ans, a commencé à boire en 2020 pendant le confinement. Apéro le midi, apéro le soir, puis apéro après-midi... bref, le cercle. Avant ça, il buvait son "apéro" mais ça allait. Aujourd'hui, on en est au stade où j'ai dû le faire sortir par les gendarmes il y a quelques jours après 1 litre de whisky bu sur une demie journée. Il est en fauteuil roulant depuis un an suite à des problèmes de santé. De ce fait, il a été emmené à l'hôpital. Il est sorti et je lui ai signifié mon refus de retour à la maison. Il est donc à l'hôtel depuis 3 jours.
Aujourd'hui, il a pris l'initiative, seul, d'appeler alcool-info-service qui l'a orienté vers une structure proche de chez nous pour une désintoxication. C'est la première fois qu'il décide d'arrêter de boire, de se soigner et qu'il a reconnu qu'il est malade. Il est "à la rue" et a compris tout le mal qu'il a fait.
Il m'a demandé de lui donner une chance de me prouver qu'il veut sortir de cet enfer qu'est l'alcool. Pour la première fois aussi, il m'a demandé pardon pour tout ce qu'il m'a fait. On a parlé pendant des heures, pour une fois il m'a écoutée et, je pense, entendue (il est sobre depuis 3 jours, sous Seresta).
Il me demande mon aide pour l'aider dans sa démarche et son parcours de désintoxication qui lui fait peur. J'ai accepté sous des tonnes de conditions, à prendre ou à laisser. Déjà, il n'y a plus rien à la maison qui ressemble de près ou de loin à de l'alcool. Il n'ira pas en chercher si je m'absente, il est en fauteuil roulant.
Il rentre donc demain à la maison. Ce sera son 4ème jour de sobriété. Il appelle la clinique demain matin.
Aujourd'hui, parce que j'ai accepté de lui donner cette seule et unique chance, j'ai perdu mes proches : ma mère, ma fille. Je peux les comprendre au vu des circonstances.
Ai-je tort ou ai-je raison d'accepter.. je ne sais pas. Je vais essayer de lui faire confiance. Je sais qu'il était sincère dans ses propos.
Nous avons 13 ans de vie ensemble. Oui, il a fait des choses inadmissibles (pas de violences physiques mais insultes faciles sous whisky, humeur exécrable, et j'en passe..).
Je veux y croire, je veux l'accompagner dans ses démarches et dans sa désintoxication parce que, sobre, c'est quelqu'un de formidable, d'intéressant, d'intelligent, de travailleur.
Ma famille m'a dit que je suis faible. Non, je ne suis pas faible, je donne une chance à l'homme que j'aime.
Je suis totalement perdue : le perdre lui, perdre mes proches, va t'il me trahir ou va t'il tenir ses engagements ?
Bref voilà. J'avais besoin de m'exprimer.