1. Contexte général
À une période de ma vie, plusieurs comportements coexistaient : la consommation d’alcool, le tabac et une
pratique excessive des jeux vidéo. Il ne s’agissait pas de problèmes isolés, mais d’un même mode de
fonctionnement. Avec le temps et les changements de vie, les jeux vidéo se sont arrêtés naturellement. J’ai
ensuite arrêté de fumer d’un coup, sans traitement, par choix personnel et familial.
2. L’alcool : la maladie et l’épuisement
Pour l’alcool, la situation était différente. La consommation était quotidienne et le cycle se répétait sans fin.
Chaque matin, je me retrouvais en état de petit sevrage : tremblements, sueurs, maux de tête, douleurs
physiques. Je buvais pour calmer ces symptômes, puis le même schéma recommençait. Physiquement,
j’étais malade, mais mentalement, j’étais encore lucide. Chaque jour, je me disais que je ne pouvais plus
subir cette situation et que je voulais guérir.
3. La solitude et la recherche d’aide
J’ai cherché de l’aide seul. J’ai consulté internet et recherché des associations, sans trouver de réponses qui
me parlent réellement. Les solutions virtuelles ne m’apportaient pas ce dont j’avais besoin. À ce stade, j’avais
surtout besoin d’être rassuré et de rencontrer quelqu’un en face à face. Cette période a été marquée par une
grande solitude et un profond épuisement.
4. La décision et la prise en charge
À un moment, j’ai pris une décision claire et définitive : demander une aide médicale pour effectuer un
sevrage. J’ai trouvé une association près de chez moi et je m’y suis rendu directement, même si je buvais
encore. À partir du moment où ma décision a été exprimée clairement, les démarches se sont accélérées.
5. Le sevrage et la post-cure : le cocon protecteur
Quelques semaines plus tard, une place s’est libérée à l’hôpital. J’ai effectué un sevrage physique de deux
semaines, éprouvant mais nécessaire. Pendant cette période, je n’ai pas ressenti d’envie d’alcool sur le plan
physique. La post-cure qui a suivi, d’environ un mois et demi, a représenté pour moi un véritable cocon : un
espace protégé, sécurisant, sans pressions extérieures, où mon corps et mon mental ont pu se reposer.
6. Le travail psychologique et la reconstruction
Dans ce cadre sécurisé, j’ai entrepris un travail psychologique profond. Avec l’aide de professionnels et par
de nombreuses discussions avec mes proches, j’ai fait le point sur ma vie, mon travail, ma famille, mes
priorités et mes fragilités. J’ai restructuré mon équilibre personnel et redéfini ce qui comptait réellement pour
moi.7. Après la cure : stabilité et protection intérieure
Un traitement m’a été prescrit après la cure, mais je l’ai pris de manière irrégulière, sans ressentir d’effet
particulier. Après échange avec le médecin, son arrêt n’a pas posé de problème et l’abstinence s’est
maintenue. Avec le temps, j’ai eu le sentiment qu’une forme de protection intérieure s’était installée.
Aujourd’hui, l’alcool peut être présent autour de moi sans provoquer d’envie ou de tension.
8. Ce qui a permis de tenir dans la durée
Le soutien affectif a joué un rôle essentiel : l’amour familial, la présence de ma femme, de mes enfants et de
mes amis de longue date. Cet amour n’a pas fait le travail à ma place, mais il a donné du sens et de la
stabilité dans le temps.
9. Le message aujourd’hui
Je ne parle ni de miracle ni de méthode universelle. Chaque parcours est différent et nécessite une décision
personnelle. Cependant, une chose est certaine : il est possible de vivre sans l’alcool, d’être aidé et de
construire une vie normale et stable. Ce qui manque encore, ce sont des ressources directement destinées
aux personnes qui vont mal elles-mêmes, avant même qu’elles sachent comment demander de l’aide.
Personne ne devrait avoir à traverser cette étape seul