Bonjour à tout le monde.
J'ai passé ma nuit à vous lire, sur ce forum. Une nuit blanche, entre suées, tremblements, migraines et nausees. Incapable de comprendre ce que mon corps foutait...Ces témoignages m'ont permis de m'apercevoir que même si je me sens seule dans cette situation, tant de personnes la traversent.
Cette nuit, c'était j+3 sans alcool. J'ai fait mon "coming out" de l'alcoolisme un vendredi... Je savais que j'avais un problème, mais je distordais, minorais, réfutais. "C'est pas si grave !", "j'arrête quand je veux !" "Oh, c'est qu'un verre..."
Jeune adulte, j'aimais bien boire, la sensation d'ivresse. C'était agréable, festif.
Au tournant de mes 39 ans, j'ai fait un burnout, un mois d'arrêt. Une autre impasse professionnelle. Un amoncellement de soucis avec ma famille non démêlés depuis l'enfance. Une maladie handicapante depuis quinze piges. L'échec de devenir mère. Et puis, deux ans de chômage ont suivi....
Au lieu de consulter, j'ai pris un autre verre. Juste une bière, c'est rien. Puis une autre. Et puis, l'apéro en solo devant ma télé.
Deux ans et demi.
Et mon conjoint qui sentait que je devenais différente.. j'avais déjà des problèmes de communication, l'alcool m'a enfermée encore plus dans la prison du mutisme, de la honte, de la culpabilité.
J'ai glissé si vite. La seule branche à laquelle j'avais l'illusion de m'gripper, c'était celle du houblon, de la vigne, du reste. Pensant trouver au fond d'un verre les réponses à mes problèmes, je n'y avais que le reflet morne de mon oeil fatigué.
L'alcool, c'est sympa. Ça ne juge pas. Ça ne blâme pas. Ça réconforte le coeur, ça donne du courage, hein ? Quel tissu de conneries ai-je pu broder ces mois et mois pour rester dans ce déni. Pas par faiblesse, par cet aveuglement lugubre, du "tout va bien"... Jusqu'au prochain verre.
Je pensais pouvoir gérer seule. Je suis forte ! Je vais y arriver ! Que dalle. Je n'en étais pas capable. Et je coulais encore plus.
J'ai décidé d'arrêter de me mentir, et de mentir aux autres ce vendredi. Je suis alcoolique. Trois jours à sec, c'est affreux, je ne souhaite à quiconque ces sensations...
J'espère que mon médecin traitant demain m'apportera une béquille médicamenteuse pour tenir. C'est une torture de résister a la tentation.
Je nous souhaite du courage, à tous, dans ce cauchemar.