Suite à des recherches sur ma dépendance, j'ai rencontré des informations que je souhaite partager avec toutes et tous :
Le mot « alcoolique » est galvaudé, trompeur et empêche beaucoup de personnes d’évaluer objectivement leur consommation. Les professionnels utilisent aujourd’hui des classifications plus nuancées (CIM‑11 et DSM‑V) qui décrivent différents niveaux d’usage de l’alcool, du simple usage à la dépendance.
1. Pourquoi le mot “alcoolique” pose problème
Il ne permet pas de situer sa consommation : selon la définition, beaucoup de gens pourraient être considérés comme alcooliques, ce qui n’aide personne.
Il est chargé de clichés : visage rouge, boire dès le matin, boire seul, boire énormément, trembler sans alcool, etc.
Ces clichés viennent entre autres des médias et créent une caricature qui empêche les gens de reconnaître leurs propres difficultés.
Résultat : tant qu’on ne ressemble pas au cliché, on se dit « je n’ai pas de problème », même si la consommation est risquée.
Le mot est abandonné par les professionnels, car il stigmatise et ne reflète pas la réalité de la dépendance.
2. Pourquoi on minimise souvent sa consommation
On se compare toujours à quelqu’un qui boit plus.
On se fixe des “règles” rassurantes : « je ne bois pas seul », « pas au travail », « juste le soir » …
On a peur de l’étiquette “alcoolique”, donc on reste dans le déni.
On oublie que personne ne devient dépendant du jour au lendemain : c’est progressif.
3. L’alcool : une drogue banalisée mais très nocive
L’alcool modifie le cerveau progressivement et insidieusement.
C’est la drogue qui cause le plus de dégâts dans la société (plus que cocaïne, héroïne, cannabis).
Les dommages apparaissent souvent tard, donc on ne fait pas le lien.
4. Les classifications modernes pour situer sa consommation
Il existe en fait des classifications beaucoup plus saines et logiques :
CIM‑11 (OMS)
Elle distingue plusieurs stades :
Abstinence Aucun risque.
Usage simple En dessous des seuils recommandés :
Pas plus de 2 verres par jour,
Pas tous les jours,
Pas plus de 10 verres par semaine. → Risque faible mais pas nul.
Usage à risque
On dépasse les seuils,
Ou on boit dans une situation à risque (tous les jours, maladie, médicaments, grossesse, moins de 25 ans, binge drinking…). → Risque élevé de dommages et de dépendance.
Usage nocif
Il y a déjà des dommages (physiques, psychiques, sociaux),
Et on continue à boire malgré ça. → Risque de dépendance dans les 5 ans ≈ 50 %.
Alcoolodépendance
Dépendance psychique
Perte de contrôle
Craving
Priorité donnée à l’alcool
Difficulté à réduire malgré l’intention
Dépendance physique
Tolérance
Symptômes de sevrage (tremblements, sueurs, irritabilité, anxiété, etc.)
Soulagement des symptômes par la consommation
On peut être dépendant psychiquement sans être encore dépendant physiquement.
DSM 5 :
Le DSM 5 parle de Trouble lié à l’usage de l’alcool (TUAL), défini par 11 critères qui permettent de quantifier la sévérité :
Léger : 2–3 critères
Modéré : 4–5 critères
Sévère : 6+ critères
Les critères couvrent :
Perte de contrôle
Consommation plus importante que prévue
Temps passé à boire, à récupérer ou obtenir de l’alcool
Craving
Incapacité à remplir ses obligations (travail, école, famille)
Problèmes sociaux ou interpersonnels récurrents
Abandon ou réduction d’activités (loisirs, sport, projets mis de côté)
Consommation malgré les dommages physique et psychologique
Usages en situation à risque
Tolérance
Sevrage
5. Voici ce que l'on peut en retenir
La dépendance n’est pas un “tout ou rien”.
Le cliché de l’alcoolique ne représente qu’une minorité des personnes dépendantes.
Beaucoup de gens sont en difficulté sans le savoir.
L’objectif est de permettre à chacun de situer sa consommation et de faire des choix éclairés et en conscience, avant que la souffrance n’apparaisse.
L’article sur lequel je me suis appuyé pour ce résumé provient du site ivredevie.com, un blog personnel tenu par une jeune femme qui raconte son parcours avec l’alcool, sa compréhension progressive de la dépendance et sa sortie de l’addiction. Elle propose des ressources utiles, surtout des vidéos pour mieux comprendre l’usage de l’alcool et donne des clés pour s’en sortir. Pour ceux que ça intéresse, son site et ses vidéos sont accessibles librement et offrent un regard bienveillant sur le sujet.
En tout cas, pour ma part, je me sentirai beaucoup plus à l’aise pour répondre quand un ami me dira : “Ah tu arrêtes de boire, je comprends… mais moi je ne suis pas alcoolique”, alors qu’on boit ensemble depuis dix ans.
J’espère que ce partage pourra aussi vous être utile.
Bien à tous