Bonjour à tous,
C’est la première fois que je poste sur un forum comme celui-ci, alors je ne sais pas vraiment comment m’y prendre ni par où commencer. J’ai beaucoup de choses sur le cœur et je ressens le besoin d’en parler, parce qu’aujourd’hui, je crois que je ne peux plus continuer à tout garder pour moi.
J’ai seulement 21 ans et pourtant, j’ai l’impression que ma vie a été une succession d’épreuves depuis mon enfance. J’ai vécu des choses très compliquées au sein de ma famille, des choses qui m’ont profondément marquée et dont je porte encore les conséquences aujourd’hui.
Ma mère a fait plusieurs tentatives de suicide, et j’ai grandi avec beaucoup de souffrance. J’ai également subi une agression sexuelle de la part de mon frère. Ce sont des choses difficiles à raconter, même par écrit, mais elles font partie de mon histoire et de ce que j’ai dû apprendre à supporter.
Depuis toute petite, j’ai énormément souffert psychologiquement. J’ai longtemps eu le sentiment de ne pas être à ma place, d’être une personne qui n’aurait même pas dû exister. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide durant mon enfance et ma jeunesse. Aujourd’hui, je n’en fais plus, et je tiens à le préciser, mais cela ne veut pas dire que toutes mes blessures ont disparu. J’ai simplement continué à avancer avec ce que je pouvais, parfois sans vraiment savoir comment faire.
Et puis, il y a deux mois, j’ai perdu mon beau-frère, Valentin, que je considérais comme mon propre frère. Il faisait partie de ma vie depuis douze ans. Ce n’était pas simplement le compagnon de ma sœur, c’était quelqu’un que j’aimais énormément et qui avait une place très importante dans ma vie.
Sa mort a été un véritable bouleversement. J’ai encore beaucoup de mal à réaliser qu’il ne reviendra pas. Son absence est présente tous les jours, et j’ai l’impression d’avoir perdu un membre de ma famille qui ne pourra jamais être remplacé. Je dois apprendre à vivre avec ce manque alors que je n’arrive même pas toujours à comprendre ce que je ressens.
Depuis son décès, ma consommation d’alcool a empiré. En réalité, l’alcool avait déjà commencé à prendre de la place dans ma vie, mais sa disparition m’a fait plonger encore davantage.
Je pense que j’ai commencé à boire pour essayer d’oublier, de calmer mes pensées et de ne plus ressentir autant de douleur. Pendant quelques heures, j’ai parfois l’impression que mon cerveau se met enfin en pause, que je peux souffler et ne plus penser à tout ce qui me fait mal. Mais ce soulagement ne dure pas, et je sais que tout revient ensuite.
Aujourd’hui, je me rends compte que ma consommation est devenue problématique. Il m’arrive de boire de très grandes quantités, parfois jusqu’à terminer une bouteille de whisky ou de vodka. Je peux me dire que je vais boire un peu pour me calmer ou pour réussir à dormir, puis continuer alors que je sais que je dépasse ce que j’avais prévu. J’ai l’impression de perdre le contrôle et cela commence réellement à me faire peur.
Le plus difficile, c’est que je sais que l’alcool ne résout rien. Je sais qu’il ne fera pas revenir Valentin, qu’il n’effacera pas mon passé et qu’il ne guérira pas les blessures que je porte depuis des années. Pourtant, j’ai du mal à m’en détacher. C’est comme si j’avais trouvé un moyen de supporter ma souffrance, mais que ce moyen était maintenant en train de me détruire à son tour.
Cette situation a aussi des conséquences sur ma vie personnelle et sur mon couple. Je ne veux pas que l’alcool finisse par abîmer davantage ma relation ou détruire les choses qui comptent encore pour moi. Je ne veux pas non plus continuer à m’enfoncer jusqu’au jour où je ne pourrai plus faire face aux conséquences.
Parfois, je me demande comment j’ai pu en arriver là à seulement 21 ans. J’ai l’impression d’avoir déjà tellement de choses à surmonter, tellement de blessures à essayer de comprendre, et maintenant cette dépendance qui vient s’ajouter à tout le reste. Je suis fatiguée de devoir me battre contre moi-même et de ne pas réussir à trouver une façon plus saine de faire face à tout ce que je ressens.
Je ne dis pas que je n’ai aucune envie de m’en sortir. Au contraire, si j’écris ici aujourd’hui, c’est parce qu’une partie de moi veut vraiment que les choses changent. Je ne veux pas que ma vie se résume à mon passé, à mon deuil et à l’alcool. J’aimerais réussir à vivre sans avoir besoin de boire pour supporter mes émotions, mes souvenirs ou simplement mes journées.
Mais je ne sais pas vraiment par où commencer. J’ai peur de ne pas réussir à arrêter, peur de ne pas tenir sur la durée et peur de devoir affronter toutes mes émotions sans ce refuge auquel je me suis habituée. J’ai aussi honte de parler des quantités que je bois, et j’ai parfois du mal à reconnaître à quel point la situation est devenue sérieuse.
Je viens donc ici pour pouvoir échanger avec des personnes qui comprennent ce que représente une dépendance à l’alcool. J’aimerais savoir si certains d’entre vous ont commencé à boire davantage après un traumatisme, un deuil ou une période particulièrement difficile. Est-ce que vous avez réussi à sortir de ce cercle ? Qu’est-ce qui vous a aidés à faire les premiers pas ? Comment avez-vous réussi à demander de l’aide et à tenir dans les moments où l’envie de boire revenait ?
J’aimerais aussi savoir vers qui me tourner pour être accompagnée, car je pense que je ne peux pas gérer tout cela seule. Je sais que je dois prendre ma consommation au sérieux, et j’aimerais trouver une solution qui me permette d’avancer sans me mettre en danger.
Je ne cherche pas à ce que quelqu’un règle tous mes problèmes à ma place. J’ai simplement besoin de parler, de me sentir un peu moins seule et de comprendre qu’il existe une possibilité de s’en sortir, même lorsqu’on a l’impression d’avoir accumulé trop de souffrances.
Merci à toutes les personnes qui prendront le temps de me lire et, peut-être, de me répondre. Ce n’est pas facile pour moi de raconter mon histoire, mais j’espère que ce premier message sera un premier pas vers quelque chose de meilleur.