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alcoolique ou pas?

Par nisrine

je suis une femme marié âgée de 44 ans maman de deux enfants 16 et 10 ans .depuis que j'ai connu mon mari il buvait cela va faire bientôt 17 ans pas à la maison mais au bar du coin que des bières et rentre vers 23 h . il y a un an et demi il a subitement arrêté de lui même sans aide de personne vous ne pouvez imaginer mon soulagement je revois une autre personne de nouvelles qualités notre couple a retrouvé une sérénité sans égal sachant bien qu'il n'a jamais été violent au contraire il devenait plus romantique et échangeait plus que lorsqu'il n'est pas sous l'effet de l'alcool je ne restai pas sans exprimer mon mécontentement face à cette mauvaise habitude il n'aimait jamais en parler il disait tjs que c'est son propre problème et que c'est à lui seul de le résoudre. cet été 2017 après un sérieux problème avec sa belle mère parce qu'il est orphelin de maman depuis ses 4 ans et a vécu une triste enfance. il a repris au début avec modération 2 fois par semaine des fois ds 15 jours j'ai chopé une dépression sévère et je suis sous séances thérapeutiques chez un psy je surmonte doucement j'apprends à accepter et surtout à le comprendre lui il est entre deux fardeaux celui de me voir déprimée et de se voir lui rechuté il a pu modérer sa consommation et dit vouloir passer au traitement sauf que il doit le faire par lui même selon mon psy . cette semaine il enchaîne tout les jours et ne rentre qu'a 3 heures du matin il n'a pas eu de problèmes ne de soucis qui puissent le mettre ds cet état au contraire je le sent frustré et songeur il n'accepte pas son récidive et le vit mal il n'en parle pas et refuse d'en parler j'ai l'impression qu'il cherche à toucher le fond pour se remettre une 2ème fois il installe ses propres gardes fou assume ses responsabilités financières vis à vis au foyer malgré son petit budget des fois je le sens attentionné et affectif d'autres il ne s’accepte pas il me l'avoue .je ne veux pas le mettre sous pression j'essaie de me montrer compréhensive des fois je ne veux pas le mettre sous pression de menaces de partir moi et mes filles je sens que c'est plus fort que lui. durant son l'année et demie de son arrêt il remerciait dieu de l'avoir sorti de ce gouffre qu'est l'alcoolisme et demandais pardon de m'avoir fait vivre des moments difficiles. étant de confession musulmane il le fait en cachette et n'aime pas que nos familles sachent . à présent j'essaie de suivre les directives de mon psy j'appends à accepter et à lâcher prise pour ne pas déraper je garde espoir et me dit comme il y a eu une première tentative il,y aura un deuxième et une troisième quoique ses derniers jours je le sent déraper il perd les pédales et ne veux surtout pas en parler il n'est pas du tout agressif ni violent et peut s'abstenir une semaine à 15 jours lorsqu'il manque d'argent et n'ose pas me demander quoiqu'il sait que j'en ai . est ce que je l'oblige à consulter sachant qu'il m'a révéler vouloir vraiment consulter je sent aussi qu'il a un problème avec son passé il a grandit trop attaché à son père et n'a jamais accepté sa belle mère son pers lui n'est pas du tout attentionné ni personne de sa famille d'ailleurs . je suis dans l'impasse je veux lui apporter de l'aide mais je ne sais pas comment j'ai moi aussi besoin d'aide pour mener la barque toute seule et prendre soin de mes enfants une fille adolescente qui prépare son bac cette année et une autre 10 ans trop fragile émotionnellement elle est trop attachée à son père qui s'absente régulièrement le soir. vos conseils me seront d'un grand secours est ce que mon mari est alcoolique ou pas?

Mise en ligne le 20/04/2018

Bonjour,

Nous comprenons que vous puissiez avoir besoin de mettre des mots sur les difficultés de votre mari vis-à-vis de l'alcool, néanmoins, il nous semble que l'utilisation du qualificatif "alcoolique" est tellement réductrice et connotée péjorativement qu'il n'est peut être pas judicieux de l'employer.  Mais pour répondre tout de même à votre interrogation, il semble effectivement que votre époux soit en difficulté avec l'alcool, qu'il en fasse un usage problématique.

Ce qui nous permet de le penser tient au caractère excessif de ses alcoolisations, à leur régularité mais aussi au fait qu'elles semblent masquer des difficultés personnelles plus profondes et anciennes dont vous nous faites part. Vous semblez surprise de le voir boire autant cette semaine alors que vous ne lui connaissez pas de problèmes ou de soucis particuliers en ce moment mais vous n'êtes certainement pas sans savoir qu'il est des blessures du passé que l'on peut porter toute une vie. Il est possible que le différend avec sa belle-mère lors de l'été 2017 ait rouvert ces blessures, c'est d'ailleurs dans cette période apparemment qu'il a recommencé à consommer.

Une sorte de cercle vicieux a ensuite "vite fait" de s'installer lorsque, nous ne savons pas si c'est le cas pour votre mari, la culpabilité, la honte ou la colère s'en mêlent. Vous nous dites tout de même qu'il vit mal le fait de consommer à nouveau après avoir certainement éprouvé de la fierté et du soulagement à pouvoir se passer de l'alcool.

Comme vous le remarquez très justement, même si c'est fragile, s'il y a eu une première fois il peut y en avoir une deuxième. Les parcours "linéaires" sont rares, il est souvent nécessaire de s'y reprendre à plusieurs reprises et, contrairement peut-être à ce que vous pourriez penser, on ne repart pas de zéro, on conserve certains acquis des tentatives précédentes.

Le fait que vous soyez accompagnée en psychothérapie nous paraît opportun parce que, bien sûr, ce sont des situations éprouvantes et déstabilisantes pour les conjoints. Et puis il y a vos filles dont vous avez à prendre soin et à préserver autant que possible donc c'est important que vous ayez trouvé ce lieu de parole où prendre du recul et reprendre du courage.

Concernant votre mari, une prise en charge pourrait l'aider bien sûr et il n'a pas l'air contre cette idée, mais comme vous l'avez compris, c'est à lui de décider du moment où il se sentira prêt pour s'y lancer et s'y investir. Rien ne vous empêche, dans ce temps de latence, de lui demander directement comment selon lui vous pourriez vous montrer aidante puisque c'est le souhait que vous formulez en fin de message. Il est le mieux placé pour vous dire, s'il en a, quelles sont ses attentes vis-à-vis de vous face à toutes ses difficultés. Il n'y a que de cette manière que vous pourrez vous faire une idée plus précise de la place que vous pourriez occuper, si cela vous convient évidemment.

Dans le cas où vous souhaiteriez revenir vers nous, pour échanger plus directement et plus précisément, peut-être simplement pour trouver du soutien dans les moments les plus difficiles, sachez que vous pouvez nous recontacter. Depuis l'étranger, puisque vous nous écrivez de Casablanca, nous sommes joignables au 01 70 23 13 13 (appels anonymes) tous les jours de 8h à 2h (heure française) ainsi que par Chat, via le site internet, de 14h à minuit.

Avec tous nos encouragements.

Cordialement.

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