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Frère alcoolique

Par amosth

Bonsoir, Mon frère a bientôt 37 ans et se reconnait alcoolique. Il ne veut pas se faire soigner ni entreprendre une quelconque démarche pour se faire aider. Il a un terrain psychologique fragilisé par notre enfance un peu chaotique et instable émotionnellement du fait d'un père très sévère, violent physiquement et psychologiquement, et par la mort subite de notre frère, son jumeau, il y a 12ans. Il est souvent violent et sanguin, allant même parfois jusqu'à frapper ses différentes compagnes, et le plus souvent jusqu'à détruire beaucoup de choses dans sa maison. Un soir j'ai caché ses clefs de voiture car je considérais que c'était trop risqué de conduire dans cet état alcoolisé: j'ai tenu 1h30 sous ses menaces, il a fracassé mon salon et lorsqu'il a levé son poing devant mes yeux, j'ai cédé. Il a déjà eu un retrait de permis à cause de l'alcool il y a quelques années, il fait parfois des pointes en moto sur des routes de campagne très dangereuses, il a failli mourir un jour lorsqu'il s'est planté contre une barrière qui a retenu sa voiture en pleine nuit, au-dessus de l'autoroute. Il y a longtemps, lors d'une discussion, il m'a dit que la seule personne qu'il accepterait en "psy" c'était moi. Mais je n'ai ni les qualifications requises, ni la volonté, ni l'envie, étant moi-même passée par des périodes pas très stables et tentant de retrouver un équilibre avec des thérapies alternatives et un gros travail sur la gestion des émotions. Je suis sa soeur, je ne peux pas être sa psy. Je n'ai plus de contact direct avec lui, nous habitons à quelques kilomètres l'un de l'autre mais nous ne nous voyons ni ne nous parlons plus, j'ai coupé les ponts après plusieurs disputes trop lourdes à gérer. Ma mère le voit régulièrement. Elle est (trop) souvent témoin de ses dérives alcoolisées car il arrive fréquemment qu'il se réfugie chez elle en pleine nuit ou qu'il l'appelle pour qu'elle aille le chercher, après une énième dispute avec sa nouvelle compagne qui, je pense, doit avoir très peur désormais. Ce matin encore, j'ai entendu ma maman pleurer au téléphone en me racontant la nuit passée, c'est ce qui me pousse à venir écrire ici ce soir. Honnêtement je suis désemparée. Je sais que s'il ne décide pas lui-même de s'en sortir, personne ne peut le faire à sa place. Et quand bien même obligation il y aurait, il doit le faire seul in fine. Je suis tellement impuissante. Je ressens de la colère, je lui en veux beaucoup et je n'ai même plus le courage de l'affronter ou de lui adresser la parole. Nous sommes dans deux mondes complètement différents, régis par une base commune d'un sentiment de vie fracassée. Un de mes frères est mort, et l'autre cherche à le rejoindre. Je fais quoi, moi ? Qu'est-ce qu'on peut faire contre ça... Bien à vous tous.

Mise en ligne le 20/02/2017

Bonjour,

Votre témoignage est très touchant et nous comprenons le désarroi dans lequel l'attitude destructrice de votre frère vous plonge. Vous décrivez très bien les sentiments d'impuissance et de colère dans lesquels son attitude vous met. Il vous demande de prendre la place d'un "psy" à ses côtés et vous sentez très bien, que cela n'est pas votre place. Vous vous interrogez sur ce que vous pouvez faire tant vous êtes inquiète pour lui et pour les conséquences que sa consommation a sur vous-même et sur votre mère.

Comme vous l'avez vous-même écrit, il n'est pas possible de l'aider contre sa volonté. Vous vous montrez très lucide sur sa situation mais nous comprenons bien qu'il soit très douloureux de voir un proche se détruire et se mettre autant en danger. Vous analysez avec justesse et empathie son parcours de vie difficile et qui fait écho au votre.

Toute démarche de soin est basée sur la libre adhesion et la volonté de la personne. Cette règle est la garantie d’un résultat efficace. Une seule exception est possible mais elle est à manier avec beaucoup de prudence et de précautions. Il s'agit de l'hospitalisation sous contrainte, à la demande de l’entourage (soins psychiatriques à la demande de tiers) ou à défaut des proches, le préfet ou le maire du lieu où se trouve l’intéressé en danger. Dans les deux cas l'accord de la personne n’est pas nécessaire mais cette procédure est exceptionnelle. D'autre part il faut que deux médecins attestent de cette dangerosité pour lui-même ou les autres. Enfin, l'hospitalisation ne durera qu'un temps et il se peut qu'à la sortie il ne souhaite toujours pas être aidé.

Aussi, il nous semble important de vous informer que dans une telle situation, votre mère et vous-même pouvez être accompagnées par des professionnels afin de faire face aux difficultés que suscite la situation de votre frère. En effet, il existe des lieux de consultations anonymes et gratuits, qui s'appellent des Centres de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA en ambulatoire). Ces structures viennent aussi en soutien à l'entourage des personnes en difficultés avec l'alcool, y compris si la personne concernée n'a pas engagé de démarche de soins. Nous vous mettons un lien en bas de page pour pouvoir trouver facilement une structure proche de chez vous (un des critères de recherche sera donc d'obtenir du soutien familial).

Dans tous les cas, il est important que vous ne restiez pas seules face à cette situation. Dans cette même idée, vous pouvez également partager votre vécu avec des personnes (parents, frères et soeurs, conjoint) qui sont dans la même situation que vous via notre forum.

Il existe également une association spécialisée pour venir en aide à l'entourage des personnes alcooliques, Al-anon. Nous vous mettons un lien vers leur site internet où vous trouverez des indications sur l'aide qu'ils peuvent aussi vous apporter.

Enfin, si vous avez d’autres questions ou si vous avez besoin d’en parler, vous pouvez nous contacter par téléphone au 0 980 980 930 (appel anonyme et non surtaxé, tous les jours, de 8 h à 2 h du matin), un de nos conseillers prendra le temps d'échanger avec vous.

Avec tous nos encouragements pour vos démarches,

Bien cordialement.

 

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