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mere alcoolique, depuis toujours

Par pseudo2

Bonsoir

J'écris ici ce soir car c'est pesant. Je ne suis pas seul dans ce cas, il est des situations bien plus difficiles que la mienne, mais quel calvaire... Je me souviens que depuis toujours ma mère boit, et j'ai plus de 30 printemps désormais.
Pendant longtemps elle a su contrôler son addiction et faire face à ses responsabilités, mais désormais, depuis quelques années, elle a complètement abandonnée face à son addiction. Je sais qu'elle à pleinement conscience de sa situation, des dégâts, des perspectives, elle refuse simplement de l'admettre publiquement, même à ses proches. Trop fier.

Pendant longtemps je n'étais que trop peu conscient de cela, l'ayant connu depuis toujours, c'était une situation banale. A la différence d'autres je n'ai pas souffert de violences durant mon enfance, j'ai souffert de ne pas pouvoir communiquer avec ma mère qui, au delà de son problème addictif, et bien qu'elle soit une personne extrêmement gentille, n'est pas communicative. L’alcool n'a fait qu'empirer cet état de nature, je crois.

Aujourd'hui je vis avec qu'elle du fait des aléas de la vie, il y a deux ans maintenant je l'ai récupérée à l'hopital, car à force de boire elle ne tenait plus debout et avait finit par chuter. A son age, les méfaits de l'addiction aidant, ce qui n'était qu'une chute est devenu un séjour à l'hopital de plusieurs semaines. Puis j'ai décidé de l'accompagner à sa sortie, pour un temps, en attendant de trouver des solutions pour gérer au mieux cette situation.
Depuis lors, l'épidémie et le confinement sont passés par là, transformant ce qui ne devait être qu'une situation passagère en un long périple dont je ne vois plus le bout.

Cette situation m'oppresse car je ne sais pas ce que je vais faire d'elle, trop jeune pour aller en epad, trop addicte pour rester seule. Par ailleurs la mettre en epad ne me semble pas être une heureuse solution car je sais déjà qu'elle terminera ses jours claquemurée dans son addiction, probablement refusant de manger afin se laisser mourir plus vite. Je ne me sens pas capable aujourd'hui de l'envoyer à l'abattoir de la sorte, de m'en débarrasser pour aller construire une vie qui m’apparaît fade et sans perspectives réjouissante. Sans trop digressé,l'idée d'être un énième travailleur père de X enfants qui voit venir crise économique et réchauffement climatique dans une invitation permanente à l'hyper consommation ne m'enchante guère. C'est inepte.

Au fond il serait tellement plus simple qu'elle se noie dans son vomi........ même si je l'aime et la soutient, je ne perçois que trop clairement son calvaire. Prisonnière d'une addiction qui l'empêche de faire quoi ce soit d'autre, et en même temps trop âgée pour espérer construire quelque chose de nouveau, comment faire front quand on aime à dire que le vin c'est la vie...

Au delà de mon cas personnel j'aimerais tant que la société civile réagisse avec intelligence face à ce produit. Il est une véritable drogue, tel l'héro, tel la met, tel le crack. Les champs de vignes dont certains chantent les louanges au nom de la tradition, du savoir faire, du terroir, ou plus cyniquement, la valeur monétaire, ne sont pour moi que des champs de drogue dur en vente libre. J'aimerais qu'on arrête de dire que tout cela n'est qu'une question de volonté. J'aimerais qu'on arrête avec l’hypocrisie permanente. J'aimerais trouver un lieu pour ma mère qui l'accepte tel qu'elle est et l'accompagne au mieux avec cela, qui ne lui refile pas des médocs pour remplacer son alcool (ça ne revient jamais qu'à changer de dealer.... big pharma plutôt que big pinard). Médocs qui ne sont jamais que des palliatifs transitoire tant ils sont incapable de corriger la modification comportementale du cerveau engendrée par l'addiction.
Bien sûr il est tout à fait irréaliste de souhaiter un monde exempt de système addictif, mais il m’apparaît souhaitable et nécessaire d'aller vers une société qui comprend, accepte et gère au mieux cela. Ce n'est pas aux proches d'avoir honte de l'alcoolisme au sein de leurs familles, c'est à la société d'avoir honte de laisser ces situations dégénérées, d'être incapable d'accompagner ses citoyens dans l'apprentissage de ces produits, de les inviter à les consommer comme on achète une baguette de pain.

bref j'aimerais faire voler en éclat les statuquo, faire exploser les vieilles idées, changer de monde à défaut de pouvoir changer ce monde, d'un monde qui m'offre des solutions satisfaisante face à une situation désespéré au delà de tout.

Je souhaite bon courage à ceux qui partagent une situation similaire.

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