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bien vilaine pensée...

Par Force2Courage

Bonjour à tous,
Je viens expier sur ce forum une bien vilaine pensée qui me ronge; J'attends sagement et avec impatience qu'il meure de son alcoolisme.

C'est atrocement culpabilisant mais je me dois d'être honnête avec moi-même, c'est bel et bien ça que j’attends. La délivrance, la liberté chèrement acquise...23 ans de vie commune. Un enfant, une maison, des souvenirs..

Sauf que je ne me souviens plus d'aucun bon souvenir. Avec le recul, il ne m';a jamais rien apporté que des problèmes et de la méchanceté. Il a détruit celle que j'étais ou celle que j'aurais pu être. Ma fille souffre d'une dépression, elle a 15 ans, et je sais très bien pourquoi... La violence verbale est un fléau extrêmement destructeur.

A force de jouer avec le feu, on s'y brule. Son alcoolisme a provoqué un diabète qu'il ne soigne pas. Il continue à boire, parce que l'alcool c'est pas du sucre. Il se gave de bonbons. Il mange n'importe quoi. Il fuit les médecins et s'énerve sur moi pour qu'il soit soigné sans se rendre chez le médecin. Il a toujours pas compris que je ne peux pas avoir des antibiotiques sans ordonnance, et que les médecins doivent le voir pour qu';il y ait une prescription.

J'étais en déplacement professionnel, j'avais pris rdv chez son médecin mais il lui restait à prendre rdv pour sa prise de sang. Il ne l'a pas fait, donc il ne s'est pas rendu chez le médecin. Donc il n'a plus d'ordonnance et il ne prend plus ses cachets. Il est pris de vomissements sévères depuis 15 jours, nuits et jours. De plus, il s'est cassé une dent il y 4 jours, et il a une rage de dent infectée (forcément avec le diabète tout s';infecte). Il a de la fièvre, la jour enflée. Maintenant il a l’œil enflé, une infection de la gorge (mais il ne fait pas le lien le bougre...) et depuis ce matin cela lui prend les bronches. Et il ne veut pas aller aux urgences. Bien sur, pas de place chez les dentistes, et de toute façon, il compte sur moi pour lui trouver un rendez-vous, il ne passera bien sûr pas un seul coup de fil pour chercher de l'aide. C';est à moi de le faire depuis le boulot, entre deux réunions et trois dossiers... Je suis à la limite du burn out pro parce que je suis débordée et rendue inefficace avec mes soucis perso qui me rongent. On rajoute à ça les problèmes financiers, parce que c'est un train de vie particulièrement couteux de boire autant et de se comporter en ado attardé. Ma charge mentale est à son paroxysme. Et il continue de se reposer sur moi pour absolument tout.Il y a deux jours, ma fille me dit: ";tu sais maman, s'il doit mourir, fait en sorte que ça arrive à l'hôpital parce que je ne suis pas en mesure de gérer ce traumatisme si je le voie mourir sous mes yeux" Et là je me dit, merde, on en est là... Elle est elle aussi quelque part dans la résignation et l'attente. Elle est psychologiquement prête à la mort de son père, du moment qu'il ne s'effondre pas à ses pieds.

Je repars en déplacement pro dans 15 jours (pour un mois). Ma fille est angoissée comme jamais.

Voilà où j'en suis. Je n'attend plus un déclic, je n'attend pas à ce que tout s'arrange. Mon couple est mort depuis longtemps et il n'y a plus rien à sauver de ce côté, le mal a été trop grand, la méchanceté et l'égoïsme trop forts. J'attends juste la fin, et j'espère que ça ne va pas prendre encore 10 ans de ma vie. Et pour être honnête, j'aimerais que ce soit le plus vite possible

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7 réponses


paradoxconfus - 13/05/2024 à 17h15

Je pense que beaucoup l'ont eu cette pensée - ça ne fait pas de nous des meurtrières. Votre conjoint se tue à petit feu et vous ne serez coupable de rien si il meurt.

Pensez à vous et à votre fille, vous pouvez encore vous sauver. Votre fille sera-t-elle avec son père pendant votre déplacement ? Ca pourrait lui faire du bien à elle aussi de s'en éloigner un peu ?

N'attendez pas qu'il meurt pour vivre happy Le chemin est long et difficile, mais je suis sûre que vous en êtes capable. Vous gérez votre vie, celle de votre fille et celle d'un homme qui n'a pas choisi la vie !

Moderateur - 13/05/2024 à 17h47

Bonjour Force2courage,

Une fois n'est pas coutume je vais vous répondre sur un plan légal car vous décrivez une situation médicale qui semble assez urgente et que malheureusement votre responsabilité pourrait être engagée si, justement, il venait à en mourir alors que vous aviez parfaitement conscience de la situation.

Je vous recommande au moins d'appeler le 15 pour faire venir une équipe d'urgence auprès de votre mari. En appelant le 15 vous pourrez exposer au téléphone la situation et éventuellement avoir un médecin référent au bout du fil qui évaluera s'il faut envoyer une équipe de secours ou non. Le simple fait de faire cette démarche démontrera que vous n'êtes pas restée sans rien faire. Si votre mari refuse une prise en charge là aussi votre responsabilité ne sera plus engagée et son refus de soin sera enregistré.

Nous comprenons tout à fait votre désarroi et votre ras-le-bol et que vous ayez ces pensées. C'est bien la raison pour laquelle nous vous conseillons de vous reposer, au moins pour cette situation, sur l'intervention d'une équipe de secours d'urgence. Vous aurez fait ce que vous aurez pu.

Plein de courage à vous, prenez du temps pour vous et pour votre fille dans tout ce maelstrom.

Le modérateur.

patricem - 13/05/2024 à 19h17

Bonjour,

Déjà, bon courage.

Et l'alcool, je ne parle même pas de la bière, cela donne dans le sang des tryglycérides. Du sucre donc. Et la bière : du sucre plus du sucre.

Ce qui ne change pas grand chose au final s'il se nourrit de sucreries.

Tenez bon.

Patrice

Force2Courage - 14/05/2024 à 13h33

Bonjour à tous,

merci pour vos mots de soutien, vos conseils et votre bienveillance. Et merci au modérateur pour sa mise en garde. J'ai suivi vos conseils, je lui ai calé un rdv en urgence avec un médecin... Le ciel est avec lui. Il n'y est pas allé parce que tout un coup, une canalisation de la maison a cédé au moment où il partait et il a fait face à un début de dégâts des eaux... Et puis, tout d'un coup, tout désenfle et il n'a plus de fièvre, son infection est en train de se résorbait toute seule sans le moindre soin... Vous y croyez vous à ce que toutes les divinités soient de son côté??? Sérieux?

Putain, je l'ai déjà sauvé il y a six mois d'un abcès qu'il ne voulait pas soigner. Quand je l'ai emmené sous la colère aux urgences, la nécrose était déjà super avancée.

donc voilà, c'est reparti jusqu'à la prochaine crise, le tout est de savoir dans combien de temps, mais c'est certain, ce n'est pas fini...

Fleur2Lys - 16/05/2024 à 12h11

Bonjour Force2Courage,

Je comprends cette pensée pour l'avoir eu aussi. Quand on voit son conjoint se détruire et souffrir puis souffrir nous-mêmes de son comportement, il arrive parfois qu'on aimerait ce coup du destin pour mettre fin au "problème" car nous sommes dans l'incapacité d'y mettre fin nous-mêmes. Avec cette pensée, je m'ôtais aussi le poids de la culpabilité, des échanges houleux d'une séparation et l'inquiétude de son avenir.
En somme, s'il mourrait de sa maladie, ce serait de son fait mais surtout il y aurait une fin à tout ça. Il n'y aurait pas de "à quand la prochaine rechute ?".

Je crois que c'est humain. Quand on ne sait plus quoi faire et qu'on n'a plus d'espoir arrivent les pensées extrêmes.

De ce que je lis à travers vos messages, vous êtes épuisée et sur le point de flancher vous-même. Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire mais prenez votre fille et éloignez-vous de votre maison que ce soit pour une semaine ou +. Vous portez une charge beaucoup trop lourde sur vos épaules. Votre mari est un adulte. Il l'oublie mais il l'est et si vous n'êtes pas là, il trouvera les ressources pour se débrouiller.

Je ne vis plus avec mon conjoint depuis octobre. Je le vois les week-ends mais quand il rechute et qu'on est en semaine, il doit se débrouiller seul. Je n'accours plus comme je le faisais avant. Je n'essaye plus de limiter les dégâts et je ne le materne plus. S'il m'appelle et m'envoie des messages et que je n'apprécie pas le ton, je ne réponds plus.

Ce n'est pas facile mais c'est devenu nécessaire. Mon travail ne me permet pas de gérer sa rechute en plus de mes responsabilités.

Vous avez besoin de repos. Posez des congés, prenez votre fille sous le bras, partez à l'étranger s'il le faut mais mettez de la distance avec tout ça. Il faut prendre soin de vous.

Bon courage.

Force2Courage - 21/05/2024 à 21h58

Bonjour,

J'ai en effet besoin de lever le pied, de prendre du temps pour moi et de me reposer. Le soucis, c'est que je suis en outre-mer, et les billets sont très chers... Ça ne se fait pas aussi facilement que je le souhaiterais.
Et puis, même à distance, il arrive à me mettre dans tous mes états, des pleurs, du chantage au suicide, des accusations, des paroles violentes, etc... A chaque fois que nous sommes séparés, il m'appelle plus d'une heure par jour, et de jour en jour, d'heure en heure, de minute en minute, tout se dégrade. Là je ne suis même pas encore partie qu'il cherche à me culpabiliser. Je lui ai dit que c'était pas la peine, ça ne marcherai pas ce coup ci, je pars pour le boulot, et j'en profite pour passez voir mes parents, je ne vois absolument pas pourquoi je devrai me sentir coupable??? Et lui me dit qu'il est choqué que je ne me sente pas coupable.
Je me sens coupable de laisser ma fille avec lui, mais pour le coup, j'ai vraiment pas le choix, et je sais que dans le pire des cas j'ai des amis précieux dans le quartier qui peuvent l'héberger à tout moment, mais je me sens quand même coupable pour elle. Mais pour lui, oh que non, et je vois toute sa manipulation de me dire ce que je devrai ressentir. Il n'a pas même pas conscience que je n'ai pas le choix de partir, je ne me vois pas dire à mon patron "désolée, je refuse de partir comme vous me l'avez demandé, j'ai aucune bonne raison sauf mon mari qui ne trouve pas cela acceptable..."

Du coup, comme je ne me sens pas coupable, il est fâché, et il boit de plus en plus chaque jour... De toute façon, il fallait bien une excuse pour relâcher ses maigres et pathétiques efforts pour boire moins... Et ce week end, je me suis tapé la grippe, clouée au lit avec 40 de fièvre, ben du coup il était fâché et il s'est tapé une bouteille de rhum dans la nuit. Ben ouais, je devrais aussi me sentir coupable de tomber malade. Et hier soir, j'ai le droit à une engueulade parce que sa lessive n'a pas été faite. Mais putain, ya quoi qui tourne pas rond dans sa tête??? C'est du grand délire!!!

Fleur2Lys - 22/05/2024 à 09h57

Bonjour,

J'ai l'impression que le harcèlement téléphonique ou par message est quelque chose de courant chez les alcooliques. Ils ont un fort besoin d'attention.
Pour ma part, je laissais sonner, je ne lisais pas les messages et il finissait par chercher de l'écoute ailleurs parmi ses proches.
Ce n'était pas facile et en toute franchise, je finissais souvent pas craquer pour écouter les messages sur mon répondeur ou lire les sms reçus. Je n'en tirais rien de bon.

Ils ont besoin d'aide mais ce sont des adultes. On ne peut pas être un garde-fou; rester constamment à leurs côtés et être aux petits soins. Sur la durée, ce n'est pas tenable.

Quand une personne est alcoolisée, tout et rien peut être prétexte au conflit. Je crois qu'au fil du temps, on commence à développer une indifférence aux remarques. Il ramènera de toutes façons tout à lui et sa souffrance réelle ou présumée.

J'espère que vous allez mieux et que vous vous rétablissez doucement. Cette distance vous fera du bien malgré des angoisses qui sont naturelles.

Prenez soin de vous

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