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Enfin partie !

Par Ninoé

Bonjour à tous, je me lance pour apporter mon témoignage sur la difficulté de quitter un malade alcoolique. En couple avec mon mari depuis l'âge de 18 ans, j'en ai 37 aujourd'hui. L'alcool a aussi loin que je me souvienne toujours été un objet de conflits entre nous... Au début il aimait juste bien les soirées bien arrosées, ne savait pas s'arrêter de boire en soirée mais ça s'arrêtait là. Après il a commencé à prendre une bière dans le frigo à la moindre contrariété (peu importe l'heure de la journée), ça s'arrêtait là. Et il y a quelques années il a eu une promotion dans son travail, il s'est mis à boire le soir en rentrant du travail, 1 bière, puis 2, puis 3.. ça s'est installé avec le temps et les mauvaises conditions de travail. Il y a eu des périodes où il arrivait à ne pas boire tous les soirs, des périodes où c'était un pack entier tous les soirs. Puis je suis tombée enceinte, il voulait "profiter" avant de ne plus pouvoir, ma grossesse a été un enfer. Puis j'ai accouché, je croyais que ça allait lui faire un électrochoc, qu'il allait se tenir. Loin de là. Il récupérait notre bébé le soir chez la nourrice car je termine tard mon travail. Il est arrivé qu'il soit complètement ivre seul avec notre fils. Vous imaginez que je me battais pendant tout ce temps-là, j'ai un peu tout essayé, déni total en face. Vu qu'il ne buvait pas tous les jours il n'avait pas de problème avec l'alcool. Ça n'allait plus du tout à son travail (j'ai appris après qu'il buvait pendant sa pause déjeuner), je me suis battue pour qu'il se mette en arrêt (avec l'aide de son père) et avec son entreprise pour lui obtenir une rupture conventionnelle que j'ai réussi à obtenir. J'ai eu de l'espoir que ça débloque un peu la situation. Vous aurez compris que ça n'a pas été le cas... Un an après on découvre un maladie à notre fils qui a alors 2 ans (diabète...), une maladie contraignante qui demande une attention constante. Je reste 10 jours à l'hôpital avec mon fils. Il arrive alcoolisé à l'hôpital alors qu'on doit suivre une formation pour apprendre à gérer cette maudite maladie. À notre sortie de l'hôpital il prend rdv avec un CAMP, il fait 2-3 rdv, retrouve du travail et abandonne le suivi. Et ça continue il lui arrive de boire alors qu'il est seul avec notre fils. Je n'ai pas précisé dans tout ça qu'en plus de tout ça il a, quand il boit, une haine contre moi, est paranoïaque et ne supporte pas que je communique avec d'autres personnes. Il ne me frappe pas mais peut m'envoyer des objets, les insultes fusent (que mon fils soit là ou non), m'a déjà explosé 2 téléphones. Il est plus ou moins désolé le lendemain. Il y a un an la veille de mon anniversaire il boit encore seul avec mon fils, il lui a fait courir des risques. J'étais coincée au travail, mon frère est allé gérer la situation. J'ai donné l'ultimatum. Le jour de l'an a été une catastrophe. J'ai dit stop c fini. Je l'ai annoncé à mes parents (qui voyaient la tendance à l'alcool mais pas à ce point là). On était toujours sous le même toit, il a beaucoup bu, beaucoup pleuré, je ne suis pas partie mais dans ma tête c'était fini. Il a fait bcp d'efforts pour ralentir sa consommation mais n'a toujours pas voulu entendre parler de suivi. J'ai entamé un suivi entourage au CAMP. On a déduit qu'il souffrait d'une dépendance psychologique mais pas physique puisqu'il arrivait à ne pas boire pendant plusieurs jours sans signes physiques. Le confinement est arrivé. Petite parenthèse enchantée, je ne travaillais plus, il n'y avait pas d'alcool à la maison et il fallait une attestation pour se rendre dans un magasin. J'avais dit lors de mon suivi que ce que je redoutais le plus c'était les vacances d'été. Que ça serait là que tout se jouerait. Elles sont arrivées, on est partis avec ses parents. Il a beaucoup bu. Très méchant avec moi. Le jour de notre anniversaire de mariage j'ai reçu un smiley "doigt d'honneur". Très déçue de nos vacances. On est rentrés, une semaine après il était totalement ivre seul avec notre fils de nouveau. C'était la dernière fois. J'ai appelé les parents ils sont venus nous chercher. C'était le 2 août. J'ai tout de suite entamé la procédure de divorce car je savais que ça allait être dur. Et ça l'est. Au-delà de ce que j'avais imaginé. Il me harcèle, me menace, menace mes parents, essaie de se faire passer pour victime. J'essaie de ne pas couper le lien avec son fils mais ne veux pas lui laisser seul. Il était prévu qu'il le voit mardi dernier, j'ai emmené mon fils chez lui. Il était ivre quand on est arrivés. Il essaie de retourner la situation en disant que je l'empêche de voir son fils, que j'avais tout calculé, me menace de revenir à la maison (il a pris une location je suis donc revenue à la maison avec mon fils), me menace de me "crever". Malgré tout ça j'essaie encore de l'aider, j'ai contacté son médecin, je l'aide dans ses démarches administratives, on me dit d'arrêter qu'il en joue, mais je ne veux pas le laisser tomber. Je ressens un mélange de sentiments, je culpabilise d'avoir brisé notre famille, je le déteste pour tout ce qu'il me fait vivre, il me manque pour tous les bons moments qu'on a passés ensemble. Je ne reviendrai pas sur ma décision, je lui ai toujours dit je pardonne beaucoup, j'accepte beaucoup mais je jour où je ne pourrai plus ça sera fini et quand je serai partie je ne reviendrai plus. Et maintenant il a sombré totalement, il boit dès le matin, il va très mal, il ne va plus beaucoup travailler. Et j'ai l'impression qu'il "disjoncte", je ne sais pas si seule la consommation d'alcool peut expliquer ça, je me demande souvent s'il n'a pas une autre pathologie mentale... Je pourrais encore en écrire beaucoup mais je crains qu'il n'y ait plus grand monde pour me lire ! Si des personnes qui ont vécu des choses similaires (ou non!) ont envie d'échanger avec moi j'en serais ravie.

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14 réponses


Ilithie - 26/10/2020 à 12h52

Bonjour, Ninoé
je viens de lire tout ce que tu as vécu avec ton mari et apparement nous vivons tous à peu près la même chose et nous avons tous les mème questions, doutes et surtout un sentiment de culpabilité.
Tu n’es coupable de rien et tu as fait tout ce que tu pouvais pour sauver ton couple .
j’aimerais en là comme toi dans ma démarche mais je n’en suis qu’a L’annonce et franchement j’ai peur pour la suite .

Bon courage et à bientôt

Fred - 27/10/2020 à 20h52

Bonjour à vous,
Une seule issue pour survivre à une vue commune avec un alcoolique : partir.
J ai vécu 5 ans horribles, et 3 ans de harcelement.
Mes enfants ont souffert comme pas possible de l imaginer.
J ai perdu mon job.
Je suis sous traitement anti de presseur depuis 3 ans, suivi par un psy toutes les semaines.
J étais avant tout ça, une battante, confiante et heureuse.
Aujourd hui je me bats pour vivre et tout perdu comme la confiance et la complicité.
Mais j ai réussi à survivre et me.dis que je vais y arriver.
Mais à quel prix ?
Je serais partie avant j aurais limiter les dégâts.
Voilà je résume en quelques lignes des années de souffrance.
Je me suis battue avec mes enfants mais San d'aucune aide car l alcool est banalisée et l alcoolisme mal aprehende et mal accompagné.
Bon courage à toutes et n attendez pas qu il soit trop tard.....

Ninoé - 27/10/2020 à 21h58

Bonjour Ilithie, qu'appelles-tu n'en être qu'à l'annonce ? Tu viens de poser un ultimatum ? Crois moi que j'en ai posé des ultimatums avant de partir enfin. Et pour l'instant la suite n'est pas beaucoup plus heureuse... A part un beau sentiment de liberté retrouvée et de me battre pour moi et pour mon fils plutôt que contre lui... Rien n'est évident, supporter le conjoint alcoolique est loin de l'être, le quitter non plus... Je pense qu'il faut suivre son instinct, moi je ne pouvais plus, il était vital pour moi de partir à ce moment là. J'ai beaucoup de chance d'avoir un super entourage, qui me soutient beaucoup. Même sa famille malgré l'amour qu'ils lui portent et le désarroi que ça leur procure de le voir se détruire totalement depuis que je suis partie comprennent mon choix et me soutiennent. Je pense que ça a aussi été décisif dans mon choix de partir. Je vous souhaite bien du courage, nous sommes décidément bien nombreux à vivre ces moments difficiles...

Fred - 28/10/2020 à 10h07

Nous sommes beaucoup trop nombreux pour plusieurs raisons
Manque d infos
Manque d aide
Manque de conseils
La société banalisé cette maladie et prends un peu en charge le malade alcoolique mais pas du tout la famille.
Ni les pompiers ni les addictos ni la police
Même la justice ne reconnaît pas ce problème sauf justif médicaux qu'on ne peut obtenir car secret medical
Bref c est le dragon qui se mord la queue

Ninoé - 28/10/2020 à 16h49

Bonjour Fred, je sens beaucoup d'amertume dans vos propos, votre combat a dû être bien difficile... Effectivement pour l'instant je suis assez déçue du soutien des autorités... Les gendarmes ne peuvent rien faire face au harcèlement dont je fais l'objet, le médecin a l'air manipulé par les propos de monsieur, je n'ai pas obtenu de date d'audience accélérée et en gros la réponse que j'obtiens de tous ces contacts c'est que tant qu'il n'y a pas de violence on ne peut rien pour moi... Sauf que je suis bien placée pour savoir à quel point il disjoncte sous l'effet de l'alcool... Qui sait alors jusqu'où il pourrait aller... Bref cette vie sous la menace et la pression n'est pas évidente et je me doute à quel point ça peut détruire et mener bas... Pour l'instant j'ai encore la force de me battre, j'ai mon petit garçon qui a plus que jamais besoin de moi et j'ai encore un peu d'espoir sur l'issue... J'espère ne pas déchanter totalement de cette nouvelle vie que j'ai enfin eu le courage de m'offrir...

Fred - 30/10/2020 à 08h34

Bonjour Ninoe
Ne comptez sur aucune aide mais juste vous et la force qu il vous reste pour partir
Après 3 ans de harcelement et un procès suite à une plainte qui a eu lieu au bout d 1 an, je sais qu'il faut anticiper.
Il faut demander le. Divorce très dur qua'd on aime la personne,
Il faut partir et non faire partir de force la personne alcoolique car elle reviendra, et le faire officiellement en allant à la police pour expliquer le départ.
Il faut préserver ses enfants si vous en avez et demander la garde exclusive pour personne en danger.
Il fait avoir le plus de preuves possibles ce que je n avais pas a part les dites de mes enfants.
Il faut porter plainte aux 1ere menaces et non attendre la suivante.
Car le compteur des feminicides est e seul indice qu ils donnent comme si c était un score à battre tous les jours.
D ailleurs remarquez qu iln existe plus de nos jours seul le covid et les attentats sont comptabilises
Alors les femmes qui meurent tous les jours sous les coups ou se suicident pour harcelement, elles sont où ?? Elles n existent plus...
Une personne alcoolisée est dangereuse que ce soit physique ou mental.
Alors quittez le navire tant qu il n est pas encore coulé
Voilà les seuls conseils que je peux vous donner. A toutes et tous

tissou02 - 14/11/2020 à 15h56

Bonjour,
Comment Quitter kkun quand la maison nous appartient ( a moi en occurrence), lui travaille en déplacement la semaine et dc pas d’endroit ou aller mais trop habitude de boire le week-end. Alcoolisme psychologique. Il est en deni complet, et s’enerve a chaque fois que j’aborde le sujet. Moi je ne peux plus l’excuser. En plus il ne fait rien( ou très peu) de ses journées. Ras le bol

Fred - 16/11/2020 à 10h14

Bonjour
Comment quitter une maison c est simple passer à la police pour expliquer les faits et quitter les lieux
Ça C est la 1ere solution si la maison est à vous 2 et qu il veut pas partir
La 2eme si la maison est à vous uniquement c est lui demander de quitter les lieux sinon aller à la police pour expliquer qu'il ne veut pas partir
Après ma grande expérience et douloureuse expérience que j aimerais mettre à profit de tous, sachez que la seule solution est la case départ police ou gendarmerie
Je le sais car après 5 ans de cauchemard et 3 ans de harcelement on a du avec mes 3 enfants aller porter plainte
L alcool est plus forte que tout même que l amour même que l empathie même que la pitié

chantal92 - 16/11/2020 à 14h03

Bonjour Ninoe,

Je ne comprends pas bien. Vous êtes partie ou non ?
Il faut beaucoup de courage de décider de partir., tenir bon, se faire entourer par la famille, des ami.e.s, des associations de femmes battues (parce que des objets qui volent, les insultes et les menaces de mort c'est de la violence),
Oui c'est douloureux et ça va sans doute être , long et difficile. Et d'ailleurs pourquoi est-ce aussi douloureux de quitter l'enfer ?
Prenez soin de vous et de votre fils. Protégez vous, faites en sorte d'être entourée. Vous avez déjà commencé : vos parents, ce blog, vous avez de belles ressources. Tenez bon restez loin de lui.
oui l'alcool fait "disjoncter" comme vous le dites. Personne ne peut prévoir les réactions d'une personne sous l'emprise de l'alcool. Protégez vous ainsi que votre fils.
Bien cordialement


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