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Comment faire prendre conscience mon père ?

Par rivenfort

Bonjour, J'écris ici car je ne sais plus à qui parler et ai besoin de réponses. Je sais qu'il y a de bonnes personnes ici, j'ai besoin de votre aide. Excusez-moi pour la longueur de mon texte. Merci aux courageux qui liront. J'ai 18 ans et depuis toute petite mon enfance aura été marquée par l'alcool. Mon père (52 ans) a toujours eu un rapport anormal vis-à-vis de l'alcool, ce qui nous a fait subir (à ma mère, mon frère et ma soeur) des moments très difficiles, d'angoisse, de stress, de tristesse, de désespoir. Lorsqu'il a rencontré ma mère à 20 ans, il était déjà tous les soirs de week-end bourré à n'en plus savoir ce qu'il avait fait la veille. Quand il a eu des enfants, ça ne s'est pas calmé. Il a même eu un accident très grave, à en faire des tonneaux. Il rentrait tous les vendredis soirs du boulot en étant complètement bourré, après avoir pris la voiture sur 30 minutes de trajet et rentrait parfois à des heures pas possibles de la nuit (3h-4h) car il faut dire qu'il a toujours eu de très bons copains toujours là pour lui proposer un verre en plus, et lui n'a jamais su refuser. En plus de ça, c'était les samedis soir et les dimanches soirs. Autrement dit, notre enfance a été un cauchemar de ce point de vue là. Il oubliait les goûters d'anniversaire et rentrait à 22h, déchiré, devant toute la famille etc etc... Depuis toute petite je me suis interposée lors de leurs disputes, au lieu qu'on me dise "non, tu montes dans ta chambre, ton père et moi on va parler". Les rôles ont toujours été totalement inversés, ce qui m'a valu, au cours d'une engueulade très violente, de recevoir un vase balancé dans le visage, alors que j'avais à peine 8 ans, alors que je voulais faire séparer ma mère et mon père physiquement. Beaucoup de violence dès le plus jeune âge, qu'aucun enfant ne devrait subir. Mon père a eu également une enfance traumatisante, son père était alcoolique sévère et est mort alors que mon père avait 14 ans. Aujourd'hui, son entourage est de plus en plus présent, tous les week-ends un copain (qui ne refusera jamais un verre) est là, et tous les week-ends c'est l'apéro (2-3 verres de whisky). Le problème c'est que mon père tient de moins en moins l'alcool et devient de plus en plus dangereux. Hier, alors qu'il était bourré à 14h de l'aprèm après être allé voir un ami à lui en nous promettant, à moi et ma mère, pendant une demi heure qu'il n'avait pas bougé (alors qu'on avait vu que la voiture avait changé de place), il m'a lancé un couteau à viande au visage avec un regard noir ; si j'avais eu ne serait-ce qu'une minute d’inattention j'aurai pu perdre un œil et finir à l'hôpital. A jeun, aujourd'hui, il se justifie en disant "c'est la conséquence de tes actes. si ça avait été une fourchette ça aurait été pareil". Mon père consomme trop d'alcool, plus par habitude que par plaisir d'ailleurs. 2 verres de vin le midi, 1 ou 2 verres de vin le soir (et toujours bien remplis). La dernière fois, en pleine semaine alors qu'il n'y avait rien à fêter, il s'est sorti un verre et sa bouteille en voulant se prendre un apéro, tout seul devant la télé. M on père est une victime qui se détruit lui-même et qui détruit également sa famille. Il y a 2 ans, alors qu'il était encore une fois bourré, il a trompé ma mère a 2 reprises. Et depuis 2 ans, ni ma sœur ni moi ne lui avons fait la bise ; la famille est en ruines. Or, pour lui, "si moi j'ai un problème avec l'alcool, beaucoup de gens ont un souci avec l'alcool". Comment lui faire entendre qu'il est alcoolique ? Que l'alcoolique ce n'est pas seulement celui qui tremble quand il n'a pas sa goutte ? Comment lui faire comprendre que ce n'est pas normal que depuis qu'il est adolescent il n'a pas passé une journée de sa vie sans boire un verre d'alcool ? Comment l'emmener à aller voir un médecin alors qu'il est de plus en plus arrogant et destructeur ? Merci d'avoir lu... merci de répondre.

Mise en ligne le 06/05/2014

Bonjour,

La situation que vous rapportez génère beaucoup de souffrance. Les évènements s’y déroulant semblent désormais prendre une tournure dangereuse pouvant, malheureusement, déboucher sur l’irréparable en raison du comportement de votre père.

Nous vous  comprenons et admettons avec vous que dès votre enfance, vous avez eu à vivre ce qu’aucun enfant ne devrait vivre.

L’alcoolisme de votre père est incontestable comme l’est la nécessité pour lui de se faire aider. La difficulté est qu’il semble être dans le déni de sa pathologie et qu’il ne mesure pas, non plus, les incidences graves que son alcoolisme a, par delà sa santé, sur sa cellule familiale. Même s’il ne semble pas faire l’objet de symptômes physiques liés au manque d’alcool, comme par exemple, trembler les matins, son comportement consécutif à ses alcoolisations suffit pour le classer dans les personnes alcooliques ou ayant une consommation problématique.

L’autre difficulté est qu’on ne peut pas obliger votre père à se faire aider ou à consulter s’il n’est pas d’accord. Nous ne pouvons que vous encourager à continuer dans le sens du dialogue pour le rendre conscient et /ou volontaire dans ses démarches de soins. Vous aurez peut-être le sentiment de « prêcher dans le désert », nous vous l’accordons mais il faut garder à l’esprit qu’il est question d’emporter sa volonté, qui lui appartient, et qu’on ne peut pas la lui retirer de force.

Parallèlement, il serait peut-être constructif de redéfinir la manière de dialoguer avec lui. En effet, nous vous conseillons de ne pas, au moment de parler avec lui, mettre en avant l’alcool car ça serait, à notre avis, « le sujet qui fâche » et comme vous le dites dans votre message, votre père « consomme trop l’alcool plus par habitude que par plaisir ». Nous ajouterons qu’il le consomme aussi, peut-être, parce qu’il est en souffrance, ceci pouvant être en lien avec son enfance traumatisante.

 Essayez plutôt d’aborder plus généralement le sujet sous l’angle de sa santé, de vos inquiétudes, de sa vie sociale de manière globale pour en venir au vif du sujet. Il est important également de varier les moments et les lieux de discussion (dans la mesure du possible, sortie en famille, restaurant, ballades, etc.…)

La recherche de dialogue ne doit pas se faire au détriment de votre sécurité. Si votre père devient dangereux pour lui-même ou pour les tiers, sachez que vous n’avez pas besoin de son accord pour demander qu’il soit hospitalisé. Cette hospitalisation peut se faire au nom de sa santé ou des risques qu’il fait courir à son entourage, et nécessite l’accord d’un médecin.

 Vous pouvez en parler au médecin traitant ou médecin de famille qui pourra vous renseigner si vous le désirez.

 Vous pouvez aussi avoir de l’aide, du soutien et des conseils auprès des centres d’alcoologie ou d’addictologie. Des médecins, alcoologues, addictologues, psychologues et autres professionnels s’emploieront  à vous aider et/ou à mieux aider votre père. Ces consultations sont confidentielles et gratuites. Vous trouverez en fin de réponse une adresse de ces centres située dans votre département de résidence que vous pourrez contacter.

 Si vous le souhaitez, vous pouvez nous joindre au  0980 980 930 (Ligne d’Ecoute Alcool Info Service, appel non surtaxé, tous les jours de 8h00 à 2h00 du matin sans interruption).

Bien cordialement.   

Pour obtenir plus d'informations, n'hésitez pas à prendre contact avec les structures suivantes :


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