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Alcool ce fléau ...adieu

Par Nanuuu

Il est temps de te dire au revoir. A jamais. Adieu.
Tout ce mal que tu m'as causée. Ce bien au début, c'est vrai.
On a jamais eu une relation normale toi et moi je me souviens.

La première fois que je t'ai rencontré je devais avoir 12 ans. On s'amusait avec une amie on s'est dit qu'on allait boire, un alcool de vin fort dégueulasse j'en ai oublié le nom, on a fini en vomissant, mais c'était marrant..
Puis j'ai eu un petit copain, le premier, sérieux, on s'est mis en couple 7 ans j'avais 13 ans. On sortait et buvait entre amis, je découvrais la vie, les soirées entre amis, les sorties en boîte, pas mal, qu'est ce qu'on se marrait, je me sentais bien et vivante et avec eux. J'aimais bien l'effet que l'alcool me procurait, j'aimais bien le goût aussi mais surtout l'effet, cette insouciance, cette détente, cette facilité relationnelle, je suis déjà d'une nature à aimer faire rire, mais là encore plus, je fais encore plus rire, je suis encore plus cool. C'est ce que je crois en tous cas. Avec le recul, je ne sais pas vraiment.
Le sexe est plus facile aussi, avec mon copain je me sens plus à l'aise, même si je le suis pourtant, je me sens meilleure mais qui peut me le dire, c'est peut être juste une supposition, une impression. Mais du coup je commence à boire avant de voir mon ami. Parfois trop, il m'est arrivé de venir chez lui et de vomir... Il me demande si j'ai bu, me dis que je sens l'alcool, je lui dis que non, que c'est une impression. Mais pourtant oui j'ai bu quelques gorgées d'alcool chez les parents avant de venir, pour me sentir bien, mieux et plus à l'aise, j'ai le sentiment que c'est bénéfique pour moi et pour lui.
L'alcool commence à devenir mon ami, mon énergie en plus, ma confiance en plus, mon petit coup de pouce en plus, pourtant c'est faux. Je commence à être dépendante mais je ne m'en rends pas compte. Puis ça s'amplifie.

Après le bac, je me sépare de mon copain, je pars en études dans une autre ville. Je me met à boire un peu plus, chaque semaine, comme la plupart des étudiants. J'ai mon studio, je fais mes courses et je me prends une despérados pour m'accompagner le soir, pas grand chose, parfois deux. Puis je fais les soirées étudiantes, j'adore ça, je sors 2, 3 fois par semaine, on s'alcoolise fortement, on démarre les soirées à 19h avec des apéros et des joints puis on arrive à minuit en soirée, défoncés, mais on se marre, on tombe parfois mais pour nous c'est ça l'éclate. C'est à qui fera le plus n'importe quoi, je suis souvent dans les premières. J'ai toujours fait beaucoup de danse, je danse bien et j'aime ça, je fais mon petit spectacle en soirée sur les musiques que j'aime, encore plus sous alcool, et n'importe quoi, les gens aiment bien, je les fais rire, d'autres ont d'autres idées je le sens bien, j'attire aussi des gens malsains, mais je suis avec mes amis, tout continue de bien se passer ouf, j'évite les gens au regard insistant. Je suis bien entourée, avec mes camarades de beuverie et de fiesta. On finit nos soirées chez moi avec des cubis. C'est cool.

Puis un jour pète un câble, un mec se fout de moi, alors que je l'aime, je passe par l'hôpital psychiatrique, suis hospitalisée et ne peut pas passer mon diplôme, c'est dur, 2 mois sous cachetons, on me dit qu'avec mon traitement je ne pourrai plus jamais boire, je suis diagnostiquée comme bi polaire, merde, ça craint. J'ai peur.
Puis il s'avère que ce n'est pas ça. C'était juste un accès maniaque dans une dépression, une belle dépression et difficile, au fond du trou, quelques mois, c'est pénible, je n'ai plus le goût à vivre, je perds des amis ( de beuverie) mais ouf je me soigne et ensuite je peux reboire et n'ai plus de traitement chouette !!! Parce que je me disais que je n'allais pas pouvoir vivre sans alcool ! Impossible !

Je rencontre d'autres gens, je refais ma vie ailleurs, je me remet à boire, en sorties, en allant danser. Je rencontre un autre copain, un mec violent, un fou, un schizophrène .. c'est dur, du coup je bois encore pas mal, ça se finit au tribunal, quelle violence, j'ai si peur et c'est si dur mais ouf je m'en sors, j'ai une famille en or, qui m'aide à en sortir.
Il m'arrive aussi de boire quelques gorgées en cachette dans la famille dans le placard à alcool, pour me sentir mieux ... Je deviens alcoolique simplement, doucement mais sûrement.
Puis je rencontre un mec normal,et je bois aussi souvent avec lui, j'en ressens le besoin, c'est devenu une habitude. Quand on va au restau j'aime boire beaucoup. Il me dit que je bois trop mais je lui dis que non, il est violent un jour aussi je le vire, j'en ai marre de la violence. Puis j'intègre une troupe de danse, je fais des spectacles de danse, c'est super, j'ai mes amis, l'alcool est partout, je bois avant, pendant, après les spectacles on s'éclate je le crois. On sors beaucoup aussi. Je vais danser seule dans un restaurant chaque semaine, je bois seule avant, oui je me sens mieux pour danser avec l'alcool. Pourtant je danse aussi bien sans. Mais je me sens mieux, encore plus belle, je pense que mon show est plus beau. C'est l'effet de l'alcool. Je deviens accro.. Je ne peux plus m'empêcher de boire. J'ai peur qu'il n'y ait pas assez d'alcool dans les soirées où je vais. Alors je bois avant, quelques verres, comme ça je suis sûre que je me sentirai bien et que je n'en manquerai pas. La dépendance est déjà bien installée.
Je deviens la meuf toujours aussi marrante mais toujours aussi défoncée. Je dois être pathétique, je reste marrante sûrement, mais dans le fond, je ne suis plus moi, juste quelqu'un d'autre, et mes amis sont habitués à cette personne que je suis devenue, défoncée et marrante.

Je continue de sortir et de boire avant, je rencontre de mauvaises personnes, suis tellement défoncée, que ce que je prends pour un coup de foudre, n'est en fait qu'un traquenard. Je suis n'importe qui, pour rentrer, fais n'importe quoi. Un viol, deux, trois, quatre... de mauvaises personnes, que je crois aimer mais qui se foutent de moi, qui abusent de moi parce qu'ils savent que je suis toujours défoncée alors mes non et mes hurlements n'ont aucune valeur, aucun effet, on me dit parfois même après que je le voulais et que j'ai aimé ça. Je me dis qu'il faut que j'oublie, que je mette ces scènes de violence dans une case, dans un tiroir, parce que sinon je n'arriverai pas à vivre, je ne survivrai pas à ça. C'est terrible. Mais j'y arrive, je me sers de l'alcool pour oublier. Une bouteille par jour, puis un cubi, c'est plus sûr parce qu'une bouteille ne suffit plus..pour oublier, il m'en faut plus. Pour ne pas y penser il m'en faut plus. Je finis par être l'ombre de moi même, j'accepte tout, même le manque de respect, je n'en ai plus pour moi, je ne suis plus rien, je me fous de tout.
J'essaye de tenir quand même avec le boulot, avec la danse, parce que j'ai une famille en or et qui m'aime, je m'accroche, mais c'est la bouteille qui m'aide à m'accrocher. Sans elle je ne suis plus rien. Je ne peux plus rentrer chez moi sans bouteille, je ne peux plus prendre un bain sans un verre, ni me poser chez moi sans verre, j'ai peur, j'ai conscience que je ne maîtrise plus rien...et que j'ai besoin d'alcool tout le temps.

Je pleure parfois en rentrant du boulot parce que je n'arrive pas à ne pas passer par l'épicerie, je n'y arrive pas, j'en ai besoin. Je ne peux plus vivre sans. C'est vraiment ça l'alcoolisme, perdre la liberté de s'abstenir... Je ne suis plus libre. Toute ma vie ne dépends plus que de ce produit, chaque jour.

Ma sœur le voit, le remarque, m'aide, centre d'addictologie, sevrage ambulatoire, cela me fait du bien, heureusement qu'elle a été là, je l'aime, je postule pour un poste et change de ville, pour me faire un nouveau départ et laisser tout ça derrière moi.
Je suis heureuse, sobre, quelques mois, pas beaucoup, puis cela se complique, je rencontre un homme foireux, je l'aime aussitôt, lui pas, un pervers narcissique, qui a bien senti la faille. Cette relation me fait souffrir, je me confie au plus profond, on passe de bons moments mais il me rabaisse, joue avec moi, me fais du mal, ne m'aime pas mais veut avoir mes clés et contrôler ma vie. Je me dis que je peux reboire, je pense que c'est possible, j'en ai envie parce que je souffre et que je ne suis pas heureuse, puis me rends vite bien compte que non, en plus je ne sais plus boire, fracture lors d'une chute en soirée, bref c'est reparti ..d'autres situations compliqués dans lesquelles je me retrouve parce que je ne suis pas dans mon état normal. Bref, c'est reparti..
Je galère dans cette relation que je crois amour alors qu'elle n'est que foutage de gueule, 5 ans après, je découvre que l'homme que j'aime a femme et enfant. La claque, une belle. Qu'est ce qui va pouvoir panser ça ? L'alcool bien sûr ! Mon bon vieux réflexe, si fiable.
Et voilà, mes soirées sont redevenues souffrance et alcool, seule, pour oublier, alors qu'il n'y a plus rien à oublier, ça fera partie de moi tout ça, faut apprendre à vivre avec, point et sans alcool.
Je n'ai pas d'autre choix, si je veux vivre, si je veux revivre. Je dois réapprendre à vivre, sans ce toxique.

Alors écoute moi bien, chère bouteille, pour tout le mal que tu m'as causée, je te rejette, je te vire de ma vie parce que tu n'as plus ta place. Tu ne m'as causée que du tort. Tu m'as juste permise d'être une personne que je ne suis pas et de me retrouver dans des situations dans lesquelles je n'ai jamais voulu être.
Je veux la paix, je veux retrouver ma vie, celle que tu m'as volée, je veux retrouver ma vie point. Lâche moi, va voir ailleurs, j'ai compris, tu n'es pas pour moi et tu ne le seras jamais. Je ne veux pas finir au fond du trou et rechuter chaque semaine, je veux juste en sortir et te dire adieu. Tu es ce qu'il y a de pire. Je t'ai aimée c'est vrai mais c'était une erreur, je dois réapprendre à vivre sans toi. Laisse moi tranquille maintenant, moi je suis prête à te laisser tranquille et à sortir de ma vie, je veux juste revivre, et il n'y a que sans toi que je pourrai y arriver. Alors ciao.

J'ai 35 ans aujourd'hui, que d'années détruites par cet alcool, je suis encore jeune, c'est ce que je me dis, je me reconstruis avec psychologue alcoologue, addictologue, je vais aux alcooliques anonymes parfois et depuis peu, je vais démarrer l'EMDR pour tenter de guérir les blessures du passé. J'ai encore un bel avenir devant moi, et je veux enfin vivre ma vie, celle qu'on m'a donnée en cadeau, avec plein d'amour, merci maman, merci papa, merci de m'avoir donnée cette sœur que j'aime tant, je vais la rendre belle ma vie, et je vous promet de ne plus me détruire et de ne plus la détruire parce qu'elle est précieuse et que je vous aime et que je l'aime ma vie. ❤️

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