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L'alcool, la pire drogue qui soit.

Par Profil supprimé

Bonjour à tous.

J'ai 26 ans et une addiction à l'alcool que je viens de combattre récemment. J'ai arrêté du jour au lendemain il y a environ 7 mois. Mon alcoolisme est apparu il y a 5-6 ans suite à une rupture et divers autres problèmes. Ma dépendance a toujours été beaucoup plus psychologique que physique.
Avant de devenir une maladie, l'alcool a toujours été pour moi un moment de plaisir et de partage. Et puis, il y a la 1ère fois où on expérimente bois plus que de raison. Je me souviendrais toujours de la 1ère fois où j'ai connu l'ivresse. Le poids sur ma poitrine est devenu léger, la vie me paraissait si simple, j'avais l'impression de voler. Et puis on y prend goût, on se dit qu'on n'a pas de problème avec puisque ça reste occasionnel, que c'est normal quand on fait la fête.

Mais en y regardant de plus près, la réalité est tout autre... Ce moment innocent de boire un verre devient un réel problème sans vraiment qu'on puisse s'en apercevoir. Petit à petit, on refuse de faire certaines activités avec des amis car il n'y aura rien à boire et on se dit que ce sera moins "fun", alors on reste chez soi et on décide de se faire un petit plaisir en buvant un verre, puis encore un, et on se dit juste "c'est rien, je me détend.." Au final, le moment de partage n'en était plus un pour moi, je buvais seule de + en +
Tout était prétexte à boire: Un examen? Hop, un verre. Une journée difficile? Hop, encore un autre. En fait, il n'y avait aucune raison pour que je bois, si ce n'est, une terrible souffrance due à beaucoup de choses accumulées dans ma vie..

Il y a eu un an où j'ai arrêté de boire car j'avais fait enfin le deuil de ma relation. Et puis est arrivé un moment où j'ai bu de nouveau, "normalement". Je me suis dit: ce ne sera plus jamais comme avant.. Mais rien n'avait changé.
Si j'ai pu avoir des périodes d'abstinence, ces 2 dernières années étaient les pires pour moi. Je buvais sans pouvoir m'arrêter. J'avais besoin d'être ivre pour tous les actes de la vie quotidienne: travailler, sortir, m'endormir. Et c'est comme ça que la sensation d'ivresse a laissé place à quelque chose de plus douloureux puisque j'étais littéralement proche du coma éthylique à chaque fois. Petit à petit, il y a les maux de tête permanents, les problèmes digestifs, et ce coup de blues qui ne voulait pas partir. En fait, à force de boire, mon coup de blues s'était transformé en dépression et ma légère anxiété en hypocondrie. Et puis un jour, je subit une violente attaque de panique qui m'a aidé à ralentir. Mais je continuais toujours de boire et les attaques de panique se faisaient plus fréquentes. Surtout que je mélangeais mes anxio à l'alcool... J'étais fatiguée, épuisée, à bout... J'appelais mes amis en pleurs en leur disant que ça ne pouvait plus durer.
Pourtant, j'essayais de diminuer ma consommation. J'ai rencontré quelqu'un qui m'a aidé à réduire, cela dit il y avait toujours des fois où je "craquais" et m'enfilais une bouteille de rosé en à peine d'une demi heure quand je me retrouvais seule ou buvais en douce des pintes de bière dans les soirées.

Jusqu'au jour où j'ai commencé à avoir des problèmes de santé de plus en plus inquiétants. Un jour en plein travail, j'ai été prise de vertiges, ma vue s'est brouillée, je ne voyais plus rien. J'ai eu de la tachycardie, je ne sentais plus mes jambes. Mais je ressentais d'autres choses dans mon corps qui tremblait et j'ai vite réalisé que ce n'était pas une simple crise de panique, c'était autre chose... On m'a emmené aux urgences et c'est là que le médecin m'a expliqué. L'alcool que j'absorbais provoquait de graves lésions sur mon système nerveux et que ma santé était réellement en danger. "C'est d'autant plus dangereux pour vous car vous êtes jeune et vous êtes une femme. Arrêtez maintenant, plus une seule goutte d'alcool, même un petit verre de cidre ou une bière. Et faites vous aider,. Mais plus jamais vous ne devez boire, JAMAIS." C'est là que j'ai eu le déclic: si je continue, je risque la mort. C'est là que j'ai tout arrêté. Sans traitement, sans rien. Juste que la pulsion de vie est plus forte que tout. Cela a été très dur le 1er mois surtout que j'avais arrêté de fumer (chose que m'avait déconseillé le médecin car cela m'aurait fait trop de choses à gérer d'un coup mais c'était plus fort que moi, j'avais besoin d'être "clean"blunk.

Aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. Ma dépression qu'avait provoqué l'alcool a disparu, je dors mieux, je mange mieux, me sens beaucoup plus en forme, mes pensées et mes paroles sont moins dispersées. C'est comme réapprendre à vivre.
Si je témoigne aujourd'hui c'est pour apporter mon soutien à ceux qui vivent ou on vécu ça, et pour dire à tous qu'il est possible de s'en sortir.

Après c'est sur qu'il y a pire que mon cas. Il y en a d'autres qui vivent cette merde au quotidien depuis 20 ans voire plus. Peu importe la quantité d'alcool, à partir du moment où il y a dépendance, il y a danger.
J'ai eu de la chance d'avoir arrêté à temps, mais je sais qu'il y a beaucoup de personnes qui en souffrent encore.
J'ai un grand frère de 30 ans qui lui, est alcoolique depuis plus de 10 ans et qui n'a toujours pas arrêté. Il a déjà été en cure mais rien n'y fait...

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11 réponses


regardconscient - 20/01/2014 à 15h41

" En fait, il n'y avait aucune raison pour que je bois,"

"Arrêtez maintenant, plus une seule goutte d'alcool, même un petit verre de cidre ou une bière. Et faites vous aider,. Mais plus jamais vous ne devez boire, JAMAIS." C'est là que j'ai eu le déclic: si je continue, je risque la mort."

Ce sont des paroles sages et censées. Bravo.

Je te conseillerai, vu que nous sommes sensibles à ce produit (nous, dépendant alcoolique) , et pour garder la vigilance car nous avons tous nos faiblesses, d'aller régulièrement en association (minimum une fois tout les quinze jours). Car, il suffit d'un verre, dans un an, cinq an dix ans et le cerveau reprend gout et la compulsivité de reboire repart. Et ceci indépendamment de notre volonté.

Continue dans cette optique, et n'hésite pas si tu touchais seulement une verre de consulter un addictologue pour éviter tout risques.

Bonne journée
Hervé

Profil supprimé - 20/01/2014 à 17h52

Bonjour Hervé.

Merci pour ce message.

Concernant ton conseil, je ne songe pas à me rendre à une association à ce jour. J'ai compris d'où venait mon envie de boire grâce à un travail psychologique et mon envie de vivre reste plus forte que tout. J'ai décidé de vivre en bonne santé très longtemps et une de mes grandes qualités (d'un aspect positif) est que quand j'ai décidé quelque chose, je m'y tiens blunk

Mon médecin m'avait conseillé d'y aller pas à pas pour l'alcool avec un traitement adapté et de ne pas arrêter de fumer pour le moment, conseils que j'ai refusé de suivre; c'est là qu'il m'a dit: "Si vous êtes têtue comme ça, continuez!' lol. Il était très étonné de voir que je n'ai pas eu davantage de symptômes et de n'avoir pris aucun anxiolytique prescrit (médicaments que je garde toutefois au cas-où car en cas de très grande fatigue, de surplus de caféine, c'est direct une crise de panique, bizarre certes mais je reste très sensible des nerfs.)

Je ne sais pas expliquer ni comment ni pourquoi, mais dès que je sens ma santé en danger, je fais tout pour me prendre en main, quitte à souffrir. Et c'est pareil pour tout.

regardconscient - 21/01/2014 à 10h30

Bravo ELY,

Tu dis quitte à souffrir,La souffrance est normal, (à partir du moment oû ce n'est pas une souffrance envahissante) c'est elle qui nous permet d'être bien.Par exemple tu fais du sport, tu donne de toi-même, tu souffres, pour être bien et en forme.

Ce qui a rien à voir avec le masochiste qui lui souffre pour être mal par plaisir.

Continue dans cette voie mais fais très attention, dis toi que un verre suffit pour…..c'est compulsif, c'est le corps qui commande, L'alcool nous domine indépendamment de notre volonté même si tout cela est bien ancré dans notre tête. IL SUFFIT D'UN VERRE.

Sois vigilante, je te souhaite beaucoup de bonheur.
Hervé

shami - 26/01/2014 à 13h35

Merci pour ton témoignage, je m'y reconnais, 27 ans , une séparation iil y a dix ans et deux, trois cuites par semaine suvies d'attaques de panique terribles et de journées à rien faire, à lutter avec des anxiolytiques.
Aujourd'hui j 'ai pris la décision d'arrêter.
J'espère qu'il n'est pas trop tard.

Profil supprimé - 27/01/2014 à 22h31

Bonjour shami.

Je suis contente que mon témoignage t'ait parlé.

Sache qu'il n'est jamais trop tard. Si tu es conscient déjà du problème et décide d'arrêter, c'est très bien!
A 27 ans tout est possible happy

La vie est trop courte pour l'écourter davantage.

Je te souhaite bonne chance.






corinneblessee - 17/03/2014 à 14h01

bonjour j'aimerais avoir un soutien pour me sortir de l'alcool apparrement le baclofène est efficace mais est ce vraiment le cas je suis dans le doute merci de me répondre si possible

corinneblessee - 31/03/2014 à 16h02

bonjour je ne sais pas par ou commencer à part que ma consommation me bouffe l'existance et celle de mes enfants . L'alcool est un echappatoir et dont j'en mesure l'intencité depuis que je suis ado . La veille du deces de mon père je lui es tourné le dos car je pensais qu'il était saoul alors qu'il me lancais un dernier appel au secours . Le lendemain c'était trop tard il était partit je m'en veux encore malgrès les 17 années qui se sont écoulées . Mon medecin ma mis sous aotal 333 mais je ne sais pas si se sera efficace je peur de l'echec et de prendre le traitement , je me sens vide malgres mes enfants . Je lance un appel à tous ceux qui ont eu ce traitement est il efficace ? Aujourd'hui j'ai 40 ans et je ne parviens pas à me trouver . Merci à tous ceux qui pourras me soutenir

regardconscient - 31/03/2014 à 18h45

L' AOTAL est une aide mais pas un produit miracle, il n'a aucun rapport avec le BLACOFÈNE qui lui supprime la pulsion de boire. L' AOTAL n'est pas dangereux, mais il faut avoir d' abord une détermination à ne pas toucher le premier verre. Le BLACOFÈNE ne demande pas d'effort car il permet de boire modérément, mais…..attention aux effets secondaires !!!!!! mais de toutes manières le seul produit miracle c'est soi-même. Je le répète NE PAS TOUCHER LE PREMIER, sinon c'est foutu, la compulsion est déclenchée et le cerveau en redemande, et encore et encore et encore………Vous dites "l'alcool est un échappatoire" " je me sens vide", quand j'ai décidé, il y'a 7 ans de faire une cure j'ai commencé par tout les jours DIRE NON AU PREMIER, j'ai laissé le temps au temps, ceci pendant plusieurs mois et ensuite j'ai décidé d'être suivis par une psychologue pour régler mes problèmes du à l'enfance. Je n'aurai pas fait ceci j'aurai retouché au premier verre et bien sur au deuxième……….
Bon courage
Bonne soirée
Hervé

corinneblessee - 01/04/2014 à 23h22

J'espère avoir votre courage et q'un jour je puisse me dire que tout cela est derrière moi mais je n'en suis pas la alors je m'accroche à ce que je peux merci pour votre temoignage et bonne soirée

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