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Non assistance à personne en danger..

Par Ahsa

Je doute que mon témoignage change quoi que soit mais enfin ça me fera surement du bien d écrire ce que je ressens et peut être que ça fera du bien aux autres de sentir qu ils/elles ne sont pas les seul(e)s dans ce cas.

Je ne suis pas moi même alcoolique mais mon compagnon si et je trouve sidérant le manque d'aide et de soutien auquel doivent faire face les malades comme l'entourage, surtout le/la conjoint(e). Je ne comprend pas qu'un tel problème de santé publique ne soit pas plus pris au sérieux par les médecins et par les gens d'une manière générale ! Mon compagnon qui a pris conscience de son alcoolisme il y a peu a commencé par le dire ; pour moi c’était déjà un pas énorme, qui aurai dû l'aider mais en fait j'ai vite déchanté..

Il l'a dit à un médecin, puis à son entourage proche et en fin de compte tout le monde minimise le problème ! Il y a un médecin qui a carrément refusé de lui donner un traitement et le second lui a prescrit du xanax (qui le mettait dans un état de défonce totale, WTF ?!) et puis des médocs pour lui couper l'envie de boire mais sans rien lui expliquer sur le fonctionnement même du traitement. Il n y a aucune prise en charge, aucun soutien moral et psy, c'est invraisemblable !

Et quand tu dis à l entourage que tu arrêtes de boire tout le monde pense que c'est temporaire, comme si c était impossible d'imaginer une vie sans boire d'alcool. Mais même pour quelqu’un qui n'a pas d'addiction, c'est quand même dingue !!! Quand un fumeur arrête de fumer, l'entourage va pas te dire « bah tu prendras bien une clope pour fêter ça quand même! » !!! Je suis scandalisée par ce poids des codes de société et ce manque de soin porté aux malades...

Sans compter que le conjoint qui rame avec ça depuis des années, a qui on a menti et dissimulé les choses n est plus capable d'être suffisamment objectif pour aider et soutenir le malade.. On se sent déjà trahi, on n a plus confiance en la personne ni en soi, alors comment peut-on aider le malade sans avoir recours à un médecin ?? Comment peut-on nous abandonner de la sorte??? Tout le monde te dit « je m en étais jamais rendu compte, je ne l'ai jamais vu saoul », etc. Mais évidemment quand aux yeux des autres ton état normal c'est quand tu as bu ta dose de vodka ou de whisky journalière qui te fait te sentir bien, et surtout quand tu es passé maitre dans l'art de dissimuler les choses.. Mais bordel on le sait ça !!! Que l’entourage se voile la face c'est une chose, mais un médecin putain, merde !!! Quand un alcoolique ose dire à un médecin qu'il a un problème, la moindre des choses c'est de l'encourager et de ne surtout pas le lâcher !!

L’addiction à l'alcool c'est comme l'addiction à l'héroïne ! C'est aussi grave ! Et tout le monde s'en branle !! Au lieu de se dire que la personne ne sait pas se gérer ou n'aurait jamais dû commencer pourquoi on ne se demande pas comment elle en est arrivée là ? Il y a forcément une douleur ou quelque chose de terrible derrière le fait de vouloir prendre une substance pour être bien ou pour oublier.. et bien entendu chacun a son propre seuil de fragilité en terme de blessures..

En fait quand on dit "j'arrête de boire" celui qui est en face ça le ramène à sa propre conso; c'est ça finalement qui gêne tant les gens.. Et puis ça ne viendrait à l’idée de personne de donner de l’alcool à un gosse, alors pourquoi tout d'un coup à 18ans ça change ?

Je me sens tellement révoltée !!! Tout est fait pour les tenter, c'est vraiment démoralisant..

Je ne sais pas si certain(e)s ont des réponses à mes questions en tout cas j'espère que ça finira par changer...

Pour finir mon compagnon est allé voir une hypnothérapeute qui a pris la peine de m'écrire après la 1ere séance pour m'expliquer la situation et comment elle allait procéder avec lui et elle lui a donné un rdv suivant, puis un autre. Enfin nous nous sommes sentis soutenus! Il prend aussi un traitement mais j ai l’impression que ça a plus un effet placebo qu'autre chose (et ça me va très bien!) Bref; je pense vraiment que l on doit se concentrer sur « pourquoi la peine » plutôt que sur « pourquoi il/elle boit ».

Je croise les doigts pour la suite..

Commentaire du modérateur

Bonjour,

Merci pour votre témoignage.

Vous avez compris, je crois, le ressort qui fait qu'il est difficile de rencontrer le "bon" interlocuteur lorsqu'il s'agit de se soigner de l'alcool : cela ramène chacun à sa propre consommation, ce qui provoque souvent, malheureusement, du déni. Aussi bien chez certains proches que chez certains professionnels. De plus bien prendre en charge une addiction nécessite un minimum de formation et d'intérêt pour la chose, ce qui n'est pas forcément le cas de tous les médecins. Quant à la pression sociale pour "boire" elle est bien réelle, alimentée par de multiples sources. Cela complique l'affaire des personnes qui veulent arrêter.

Cependant sachez qu'il existe des centres de soins avec des professionnels formés et sensibilisés aux addictions qui travaillent dans des équipes pluridisciplinaires (médecins, soutien psychologique, soutien social). Ces centres offrent une prise en charge globale pour les problèmes d'alcool. Les consultations y sont le plus souvent gratuites et les formes de prise en charge sont variées. Il y a les Centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) qui accompagnent les personnes dépendantes de l'alcool du sevrage au maintien de l'abstinence selon un système de rendez-vous réguliers. Il y a les services hospitaliers d'addictologie (hospitalisations d'une semaine environ pour le sevrage, accompagnement post-sevrage sur rendez-vous). Il y a les centres de cure (sevrage et renforcement pendant un hébergement d'un mois environ) et les centres des postcure (centres thérapeutiques résidentiels qui offrent des hébergement de long terme pour aider les personnes à se reconstruire après avoir fait un sevrage ailleurs).

Plusieurs articles de notre site détaillent cette prise en charge. Vous pouvez trouver les coordonnées de centres proches de chez vous soit en nous appelant (0 980 980 930) soit en utilisant directement notre rubrique "Adresses utiles".

Il y a également, pour les personnes dépendantes à l'alcool aussi bien que pour les proches, des associations d'entraide. Sur internet vous pourrez rencontrer ainsi les associations Alcooliques Anonymes, Alcool Assistance, Vie Libre, La Croix bleue et d'autres encore. Pour l'entourage exclusivement il y a l'association Al-Anon France.

Enfin, sachez que les Csapa reçoivent aussi les proches pour un accompagnement. L'offre de soutien en la matière dépend de l'investissement de chacun de ces centres et de ses ressources. Parfois elle est minimale, parfois elle est bien développée. La prise en compte des proches dans le soin existe donc bien ainsi que la conscience qu'ils sont, s'ils sont bien pris en compte, un atout pour la réussite et le maintient de l'arrêt. Vous pouvez y trouver de l'aide.

Si vous souhaitez avoir une conversation avec d'autres internautes à ce sujet ou au sujet de ce qui passe pour vous et votre mari, n'hésitez pas à créer un fil de discussion aussi dans les forums pour l'entourage.

Cordialement,

le modérateur.

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