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Mon meilleur ennemi

Par Almarita

Bonjour à toutes et à tous,

Nouvelle sur ce forum, je tenais à faire part de mon témoignage.

Alcoolique (ouh si c'est difficile à avouer) depuis, je ne sais plus, je ne compte plus les années,et pourtant je n'arrive pas, malgré un constat alarmant, à m'arrêter.
Pourtant si, j'ai arrêté plusieurs fois, de nombreuses fois même, en fait j'ai navigué depuis plus d'une vingtaine d'années entre l'enivrement extrême et la sobriété, et en société je m'en suis plutôt pas trop mal sortie... je pensais que je gérais bien évidemment.

Mais l'important est le commencement... Comment en suis-je arrivée là?

Et bien l'histoire est assez simple finalement.
Une bonne succession d’événements particulièrement traumatisant et voilà... Une nouvelle acolyte de l'alcoolisme est née.

Née d'un père et d'une mère qui aux premiers abords semblaient "s'aimer", un petit grain de sable est venu enrayer leur soit-disant idylle... moi! Ça commençait fort en terme d'amour parental! L'enfant problématique!

L'idylle en question n'était vraisemblablement pas tangible, étant donné que mon père, en tant qu'explorateur de nouvelles contrées, préféra se diversifier auprès d'autres femmes...
Ma pauvre mère, ayant mis (pour rien) au monde un enfant à toute fin de retenir son mari, et n'ayant plus d'argument préféra sombrer dans la folie... j'avais 8 ans.

Déjà là ça fait mal! 8 ans et déjà confrontée à l'inexplicable!
Mais l'équilibre était déjà fissuré depuis longtemps...

J'avais une sœur, enfin une demi-sœur, car bien évidemment mon père en tant qu'explorateur, avait déjà précédemment été marié et avait engendré deux enfants. Un garçon (que je ne connais quasiment pas et une fille)
Ma sœur donc, de 5 ans mon aînée, m'avait déjà de nombreuses fois protégée des violences familiales, nous évitions les assiettes qui volaient et nous calfeutrions derrière un meuble dans la chambre d'amis le temps que les choses se calment... j'avais 3 ou 4 ans...
Elle a tenu jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et à fini par se pendre! J'avais 15 ans, elle en avait 20!! RIP sister...

Après cet événement tragique qui me traumatisa, je naviguais entre l'hôpital psychiatrique pour rendre "visite" à ma mère et la violence quotidienne verbale, psychologique et physique que mon père m’infligeait (du genre, tu es nulle, tu ne sers à rien, tu n'y arrivera jamais, etc.) chaque jour, mon sentiment d'inutilité, d'être qu'une erreur de la nature grandissait, et personne n'intervenait pour me dire le contraire. La famille de ma mère (6 frères et sœurs), pleutres, face à sa maladie mentale (schizophrénie) a fuit me laissant couler tranquillement dans ce merdier, les voisins se bouchaient les oreilles et les services sociaux n'ont jamais été alertés!
Et puis j'ai rencontré un homme, qui m'a redonné confiance. J'avais 18 ans, je l'aimais, il m'aimait c'était parfait...
Jusqu'à ce coup de téléphone qui m'annonça l'accident de voiture! Il avait 22 ans...
Devant cet enchevêtrement de circonstances plus qu’insupportables j'ai alors pactisé avec mon meilleur ennemi : l'alcool!

Et puis la vie a continué, j'ai arrêté de boire et recommencé et arrêté et recommencé, mais je gardais le contrôle car ça restait festif, enfin à peu près, du moins c'est ce que je croyais, dans tous les cas, j'avais laissé toute cette sale histoire derrière mois.

Mais aujourd'hui c'est différent, j'ai replongé, plus profond encore, suite au décès de mon père, j'ai été contrainte (oui oui contrainte) de m'occuper de ma mère, qui est toujours malade en l’occurrence. Une histoire encore abracadabrante avec une tonne de rebondissements improbables... bref toujours est-il que me voilà coincée avec elle, je touche le fond, car vivre avec une personne schizophrène est un défi surtout lorsque c'est votre mère. Je n'ai plus de vie sociale, je n'ai pas de conjoint, forcée de constater qu'il partirait en courant au vu de la situation.

Alors je bois, je bois le soir, une fois que j'ai préparé soigneusement ses médicaments et qu'elle dort du sommeil du juste, je bois jusqu'à tomber pour pouvoir dormir, car sinon mon sommeil est entrecoupé d'attaques de paniques liées bien évidemment au stress.

Malgré cette étrange force qui me maintient debout chaque jour, je me sens faiblir à vue d’œil, pour ne pas dire fondre! Les seuls "amis" sur lesquels je pensais compter ont déserté le navire... La folie de ma mère, ma situation les ont fait fuir! Je peux comprendre.

Si des personnes ont des conseils (mis à part celui d'aller voir un psy) je suis preneuse. Je cherche des oreilles compatissantes et un peu (beaucoup) d'affection.

Merci à toutes et à tous d'avoir passé un peu de temps avec moi le temps de la lecture.

Almarita

Commentaire du modérateur

Bonjour Almarita,

Votre histoire est très touchante, merci de l'avoir laissée ici.

L'espace des témoignages ne permet pas aux autres internautes de vous répondre. Aussi je vous invite à créer également un fil de discussion dans les forums pour les consommateurs. Cela rendra possible les échanges avec vous et le soutien voire l'affection que vous recherchez.

Cordialement,

le modérateur.

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