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Je me lance....

Par elodiegaby06

Bonjour à tous,

Voici quelques temps déjà que je vous lis régulièrement. Vous lire me donne l'envie d'avancer et de m'en sortir. Vous lire me fait dire que je ne suis pas seule, qu'il a des solutions, qu'il y a "un après".
Voici quelques temps que j'ai pris conscience de ma maladie
Voici quelques temps que je me dis que je vais y arriver
Voici quelques temps que je n'y arrive pas.
Alors si vous me le permettez, j'aimerai vous parler de moi, raconter "mon histoire" et attendre vos retours.
J'ai 36 ans, je suis maman d'un adorable petit garçon de 4 ans. Je suis divorcée depuis plus de 2 ans et j'ai refait ma vie avec un homme aidant.
Mon père buvait. Mon père était joyeux quand il buvait. Puis il a arrêté. Je l'ai vu, pleurer, hurler, se taper la tête contre les murs. Il ne boit plus depuis 30 ans.
Vers 15 ans, je commençais à boire, j'étais bien, je n'étais plus la petite fille timide et inhibée. Je plaisais....
Je buvais pour me donner des forces, j'aimais cette sensation, cette euphorie.
Je souffre d'un manque de confiance depuis toujours, l'alcool m'a permis de me montrer, d'exister simplement.
Je suis sortie très longtemps, je faisais la fête tout le temps et l'alcool était omniprésent.
J'ai connu beaucoup d'histoires amoureuses, j'ai souffert, j'ai trompé, j'ai été violée....
Et puis j'ai 27 ans, il faut bien faire comme tout le monde, faire comme la sœur parfaite, il faut se marier, acheter une maison, avoir des enfants. Tout va très vite, mariage, maison, bébé. Sauf que je suis extrêmement malheureuse. Je souffre, je consulte, je suis une psychanalyse durant des années. J'apprends, je me construis, j'avance. Je quitte mon mari qui me fait tant souffrir. Il devient fou, me menace, me suis, pirate mes comptes, m'insulte, me dévalorise...me menace de ne plus voir mon fils. J'avance car il faut bien avancer mais à quel prix.
Je bois toujours et encore plus, en cachette, en société, je bois dans la voiture, toutes les situations sont bonnes pour boire.
La vie s'apaise. Les relations avec mon ex mari sont plus sereines, je prends de la distance avec ma famille (je vous passe les nombreux détails qui ont fait que je souffre aussi de mon enfance), ma soeur a choisi de ne plus me voir depuis ma séparation. Je vis avec mon ami et nos enfants une semaine sur 2. Son 2 eme est difficile, il me prend de haut, je suis nulle à côté de lui. Mon ami a un caractère fort, il n'est pas toujours simple mais il m'aime et il m'aide. il me fait grandir.
La séparation d'avec mon fils toutes les semaines m'est insupportable. Je BOIS. Je bois quand il me manque, quand je suis triste, je bois quand je vais bien, je bois tout le temps.
J'ai changé de travail, je le regrette.
19 juillet 2018, je veux en finir. Je prends une bouteille de champagne (et oui, autant finir avec du champagne), après avoir bu déjà de nombreuses quantité d'alcool. Je prends la voiture, je me dirige sur l'autoroute, je veux trouver un pont, un mur, je veux en finir. Mon ami m'appelle, me raisonne. Je me décide à rentrer, je n'y arrive pas. Je vomis, et plus encore.....je m'endors sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute. Les pompiers et les gendarmes me réveillent. J'arrive aux urgences...
la sentence est tombée, retrait de permis!
Je me dis "ça y est, tu es tombée bien bas, il faut t'en sortir". J'achète un vélo, prends rdv dans un centre, reprends un suivi psy, arrête de boire....mais non, je n'y arrive toujours pas. je continue de plus en plus. J'achète des bouteilles (blanc, mousseux). Je les cache dans les sacs de mon fils dans sa chambre. Tous les matins je vais jeter les cadavres en me disant c'est la dernière fois. Toutes les nuits sont agitées, tristes...
je me dispute régulièrement avec mon ami. J'ai honte.
Je veux m'en sortir mais je ne suis pas si forte. L'alcool est plus fort que moi.
Alors, je vous parle, j'espère recevoir quelques aides, j'aimerai y croire.
Merci à vous de m'avoir lu jusqu'au bout... Merci pour vos retours

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31 réponses


patricem - 29/10/2018 à 15h57

Bonjour,

L'alcool n'est pas plus fort que vous. Déjà, vous avez conscience d'avoir un problème. C'est un point important.

Ensuite, où en êtes vous par rapport au centre et au psy ? Avez-vous envisagé en plus un groupe de parole ? Un traitement addicto ou un groupe de parole, cela peut mettre vraiment du temps avant de produire un résultat. Je connais une personne qui a fréquenté les AA pendant 2 ans avant de poser le verre. Aujourd'hui, cela doit faire dans les 30 ans qu'il ne boit plus. Il faut s'accrocher : cela finit par payer.

Courage,

Patrice

elodiegaby06 - 29/10/2018 à 16h20

Bonjour Patrice,

Merci pour votre réponse.
Je vois une psychiatre tous les 15 jours depuis juillet, je ne lui ai parlé de l'alcool que lors de notre dernière séance. Au centre, j'ai vu une infirmière et j'attends le rdv avec le médecin.
L'infirmière, très gentille, m'a dit qu'elle ne voyait pas trop comment m'aider davantage puisque je connais tous mes maux....Elle m'a orientée dans un premier temps vers le médecin pour évaluer la prise d'un traitement.
Je ne m'imagine pas aller dans un groupe de parole, trop compliqué encore pour moi.
J'ai toujours eu des comportements déviants et des mises en danger. J'ai toujours tout fait dans l'exces pour combler ce vide incommensurable. J'ai conscience de mes souffrances et sais pourquoi j'ai sombré dans l'alcool. Le problème est que cette drogue me dépasse.

J'ai encore l'espoir mais quand je vois que toutes mes tentatives ont lamentablement échoué...j'ai peur....

Merci pour votre réponse

Elodie

helbronner - 29/10/2018 à 16h57

@Patrice,

Je suis extrêmement étonnée de lire que Patrice prétend que "l'alcool n'est pas plus fort que soi"!

C'est bien la première fois (que ce soit chez les AA, en cure ou sur d'autres forums) que je lis une ânerie pareille.

Si l'alcool n'était pas plus fort que nous, on se demande pourquoi il serait aussi difficile à combattre... et pour certains, totalement impossible à vaincre.

Combien de morts de l'alcool de nos jours rien qu'en France ? Environ 50 000 !

Il faut arrêter de dire n'importe quoi.

Flo66 - 30/10/2018 à 10h49

Bonjour,

Dans la phrase de Patrice moi je lis une volonté de dire que c est possible.

Après pour porter un tel jugement de valeur il serait interessant d amener des arguments un peu plus solides. Quid de tous ceux qui ont pu arreter sinon?

De mon point de vue l alcool n est ni plus fort ni moins fort que quique ce soit, ce serait lui préter une intention, une personnalité.
Il serait peut etre plus interessant de dire que le vide ressenti sans, ce qu on decouvre sans, la sensation de manque sans apparait plus fort que notre capacité à le vivre.

Si aujourd hui on amenait pour un mois Elodie dans un lieu sans alcool, avec l impossibilité de s en procurer, un suivi medical elle en mourrait? Non elle se retrouverait en face dans un premier temps du manque du au sevrage de ce psychotrope et dans un second temps face à elle meme il me semble.

Avoir un avis different n implique pas d etre meprisant non? Cela permet en plus l echange d idees..
Tu as tes raisons pour avoir cette reaction, peut etre la difficulté de ce qui est pris comme un combat au début et ces mots ont du toucher un point sensible, reagir par colere ici n est peut etre pas la meilleure des solutions.

Oui Elodie, l alcool n est pas plus fort que toi, ni moins fort, il est ce qu il est, un bouclier, un anxiolytique, un psychotrope qui a terme peut detruire comme il nous a tous sauvé, inconsciemment, un temps..
A un moment de ma vie sans alcool cela aurait ete hp ou suicide, à un autre cela aurait ete la mort a court terme.

Je vais essayer de te repondre un peu Elodie, et garde l energie de la phrase de Patrice, elle est porteuse d espoir.

Flo66 - 30/10/2018 à 11h15

@ Elodie

Bonjour,

Comme je l evoquais, si il est trop difficile de se passer d alcool dans le cadre habituel, une cure, une post cure peut etre un moment oú l encadrement apporte une aide pour déjà se débarraser des effets "immediats", du manque physique de ce psychotrope. Puis cela peut permettre de mettre en place des bequilles( medicamenteuses s il le faut), des strategies comportementales face au manque et d aider à aller voir et apaiser le pourquoi d une telle consommation.

Alors oui cela demande de quitter le foyer, d avoir l impression d abandonner les siens, mais franchement ce n est qu un temps. Et ce temps semble necessaire... Car au fond qu est ce qui est ou devient reellement impossible, vivre avec l alcool ou prendre un instant pour soi, hors de toutes pressions immédiates?

Et parfois nos vies ne sont que le reflet de nos enfances mais il n est pas impossible d avancer, de faire la paix avec des parts de soi.
Je ne suis pas psy, mais en quelques mots de ta part je pense pouvoir voir certains de tes noeuds, tu les exprimes. Alors des gens specialisés, dans un cadre adapté pourront t aider.

Et puis parce que parfois dire ne suffit pas, tu pourras trouver avec eux de quoi faire vivre la part merveilleuse de toi qui se retrouve noyée dans cette drogue. Faire vivre et grandir cette part de toi ancrera de la motivation a ne plus boire, à te dire j ai arrete une drogue et j en suis heureuse. Cela demande du temps pour se sentir bien sans, mais c est assez rapide de se sentir heureux d avoir pour 5 jours, 10 jours, un mois pu vivre sans ce poison qu est devenu pour nous l alcool.

Ce n est que mon point de vue, prends ce qui te va dedans et fais ta richesse de tous les avis que tu rencontreras.

Prends soin de toi, tu le merites largement..

Flo66 - 30/10/2018 à 11h27

Une phrase en post cure qui m a aidé vis a vis de cette sensation de vide:

Il ne sert a rien de chercher a combler un puits sans fond, en reperer les limites et dans un premier temps apprendre à construire autour est plus porteur.

Et apres un certain temps sans psychotrope je peux te dire que ce vide n en est pas un, c est juste une sensation tres forte que nous nous sommes cree et que nous faisons vivre.

Dans l ultrasensibilité on peut trouver des energies introverties, d autres poussant à une mise en danger extravertie, et parfois froler la mort pour se sentir vivre est une realité. Je te souhaite de trouver ces sensations dans un saut en parachute, sur un circuit, en escalade, ect.. plutot que sur une autoroute. Pour ca, etape un, trouver ta solution pour un temps sans alcool.
Et il y en a je pense.

Flo66 - 30/10/2018 à 11h28

Une autre phrase d un des rares psys m ayant aidé volontairement:

Quand il y a pulsion de mort, il y a pulsion de vie.

elodiegaby06 - 31/10/2018 à 09h23

Bonjour Flo66,

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre et d'avoir écrit tous ces mots d'entraide, d'empathie et de réconfort.
Oui, je suis tout à fait d'accord avec toi, tes mots sont justes et effectivement "pulsion de mort = pulsion de vie".
Ce sont des petites phrases qui nous aident au quotidien et je pense que quand on le veut, quand on en ressent le besoin, quand on veut s'en sortir et voir grandir nos enfants, cela vaut le coup de se battre et de souffrir, la vie n'en sera que plus belle.
Voilà 2 jours SANS! je suis extrêmement fière happy je me sens parfois "bizarre" mais je me sens surtout mieux dans mon corps.
J'ai rdv au tribunal vendredi pour mon retrait de permis, j'ai très peur....peur de ce qui va se passer, peur des conséquences, peur de rechuter.

Alors encore merci pour ces mots "chaudoudoux", je prends TOUT big-smile

helbronner - 31/10/2018 à 10h37

@Flo qui sait tout :

Il a été très largement démontré qu'au sortir d'une cure à 5 ans, seuls 10 % des soignés restent sobres.

Pas étonnant que j'en ai rencontré un quand j'y étais qui en étais à sa... 56ème cure... et toujours 50 000 morts/an en France aujourd'hui.

Que ça plaise ou non, l'alcool est bien plus fort que nous. Il n'y a qu'à voir les familles entières détruites quand la bouteille devient l'élément le plus important dans nos vies.

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