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Foutu poison

Par Hugo34

Bonjour à tous,

Je me suis inscris sur ce forum pour parler de ma consommation excessive d'alcool...
J'ai 35 ans, et après des années à boire pour oublier mes problèmes, mes traumatismes et blessures, je veux changer ces habitudes qui m'empoisonnent la vie...

La question est comment ? Ce qui est sur, c'est que j'ai besoin d'aide. Car j'ai essayé à plusieurs reprises d'arrêter...mais quand le passé resurgit...lorsque j'ai des contrariétés, du stress, de la tristesse...je m'enivre à nouveau, je bois jusqu'à tout oublier...

Ca a commencé pendant ma vingtaine...à des fréquences plus ou moins rapprochées. Je pouvais boire 1 à 3 par semaine, comme une fois par mois...ou moins encore. Puis je ne buvais plus pendant des mois, jusqu'à reprendre lors d'une soirée, dans un bar, en boite, ou chez moi seul comme si j'étais dépressif et que je ne voulais pas me l'admettre.

L'alcool m'a toujours causé des soucis... mais il m'a aussi permis de soulager mes blessures, comme un pansement, qui aujourd'hui me met clairement en danger.

Les raisons de cette consommation sont multiples je pense. Une enfance avec un père violent avec ma mère, et qui je soupçonne d'avoir été alcoolique. Il a aujourd'hui arreté de boire car il a beaucoup de problèmes de santé. toujours dans ma vingtaine, je me suis découvert une attirance pour les hommes. Là aussi cela a amplifié ma consommation d'alcool, car je ne pouvais ni l'accepter ni en parler. Apres un coming-out douloureux, j'ai été rejeté par ma mère et par ma soeur...religieuses et très portées sur les traditions...et homophobes. Cela s'est passé il y a quelques années à peine. Nous ne sommes plus en contact. Ma relation avec ma mère était fusionnelle...et cette rupture je la vis comme une déchirure atroce. Alors boire me permet de soulager ce malaise...mais parfois je suis envahi par l'angoisse, les inquiétudes, car ma mère prend de l'age et que j'aimerais profiter de moments passés avec elle.

Il y a surement d'autres raisons à cette addiction...des raisons que j'ignore surement. Mais je veux arrêter tout cela...mon corps et mon esprit m'envoient des signaux pour que j'arrete définitivement de boire, et je veux les écouter. Mais comment faire ? Avez-vous eu des expériences similaires ? Avez-vous réussi à arrêter et à reprendre une vie normale et saine ? Dois-je pour cela en finir avec cette nostalgie qui resurgit à chaque fois ? Je me dis qu'en oubliant tout ce passé, mes envies irrépressibles de boire vont s'en aller...

Je peux encore ne pas boire pendant plusieurs jours sans avoir envie, et je le fais en général les soirs...Puis-je arreter juste en m'aidant d'un anxiolytique ?

Merci pour vos retours d'expérience, et vos précieux conseils. Et joyeuses fêtes à tous

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3 réponses


Flo66 - 26/12/2017 à 21h12

Bonjour Hugo,

Alors deja je voudrais souligner la qualite du recul que tu as sur ta conso, c est assez rare je crois...

Tu as peut etre pu voir ce lien dans le fil sur ce qui nous a aidé
http://www.grea.ch/sites/default/.../neuroscience_broch_definitive-2.pdf

Tu peux trouver la les mecanismes de l addiction, a defaut de tout faire cela peut te permettre de visualiser ce qui se passe au niveau du cerveau et par la lacher un peu de la culpabilite que l on peut eprouver quand on ne gere rien.


Mais comment faire ?

La premiere chose a faire je crois c est de bien comprendre que c est le premier verre qui amenera tous les autres. Apres le premier c est Hugo+1 verre qui prend les commande, c est deja plus tout a fait toi. Et nous n avons pas vraiment de regulateur la dessus...

Vu que tu as un regard tres lucide sur toi tu peux voir ce que vient calmer l alcool et avant de le ressentir, le prendre en charge. Si c est l anxiete par exemple tu peux voir tout ce qui se fait pour la calmer en dehors de l alcool. Respiration, yoga, plantes, meditation, sport, medocs ( avec le sport et les medocs il faut faire attention au report d addiction) ect... Si tu reperes des moments ou ca arrive et que generalement tu bois seul alors tu peux prevoir de ne pas etre chez toi aux heures ou ca tape, de trouver un truc a faire..

Pour un travail un plus de fond tu peux aller vers des psys, l hypnose et tout autre pratique qui peut avoir un role sur nos facon de fonctionner. Le but etant de sortir du reflexe malaise/alcool.


Avez-vous eu des expériences similaires ? Avez-vous réussi à arrêter et à reprendre une vie normale et saine ?

Oui pas mal d entre nous ont des experiences similaires happy

Une vie normale... Alors si ta norme jusque la c etait bars, boites ben c est pas le plus evident. Apres ca evolue avec le temps mais bon, il y a des endroits qui vont te sembler bien pourris sans alcool. Et puis la norme en France c est boire. Cela dit tu as deja fait peter des normes peut etre encore plus fortes. Et ca, ca va etre un atout pour toi.
Pour le reste chacun va etre un peu different, si tu vis dans le regret de l alcool c est plus difficile d avancer je pense, de te retrouver pleinement sans cette came.

Dois-je pour cela en finir avec cette nostalgie qui resurgit à chaque fois ?

Difficile d oublier un passé traumatisant non? Par contre on peut en accepter des bouts, faire la paix avec soi sur certains points, se faire aider pour d autres et avec tout ca le lien pensees/ ventre qui se tort se dissoud petit a petit... A toi de voir ce qu il y a derriere cette nostalgie et puis d avancer pas a pas, point par point...

Et puis tu peux aller taper sur google ou autre, ultrasensibilité voir si ca te parle. Si c est le cas alors peut etre qu un nouveau regard sur toi et ce qui t entoure t apparaitra. Perso cela a ete une des clefs les plus importante pour moi, car c est une vraie richesse quand on arrive a la dissocier un peu de l hyper emotivité qu elle cause parfois.


Les anxios sont necessaires pour le sevrage si tu as des prises importantes et regulieres, et puis ils peuvent etre une bequille un temps, comme les antidepresseurs. L alcool est lui meme anxiolytique et source de depression, parfois elle est la aussi avant. L idee est de garder en tete que ce n est qu un temps, celui qu il faut pour restabiliser le cerveau, pour apprendre a se connaitre un peu mieux sans alcool.

Quoiqu il en soit une visite a un toubib, un addicto avant de se lancer c est pas mal. Tu peux aussi voir les groupes de paroles de differentes assos.

Voila Hugo ce que je peux te dire pour l instant de ce que je sais de moi, de ce que j ai pu experimenter, et de ce que j ai pu retrouver chez les autres. J espere que cela pourra t aider un peu.

Courage et bravo pour cette envie de vie blunk

Hugo34 - 28/12/2017 à 21h03

Bonsoir Flo66,

Tout d'abord merci d'avoir pris le temps de répondre à mon post, et à toutes mes questions les unes après les autres. Avec une analyse, des conseils concrets, des suggestions et des solutions. J'ai été très ému pour être tout a fait franc..et je crois que tu as touché un point "ultrasensible". Je sais depuis toujours que je suis hyperémotif ...que je prends les choses trop à coeur, et tout cela augmente considérablement le malaise...et la consommation d'alcool. Je vais donc aller voir de ce pas ce qui se dit sur l'ultrasensibilité, et ensuite aller voir le lien que tu m'as conseillé et lire attentivement.

Les traumatismes/blessures et l'alcool, l'envie de m'en sortir m'ont poussé à aller une fois participer à un groupe de parole, mais je ne sais pas si j'étais vraiment prêt à accepter cela...je n'y suis plus jamais allé depuis.

Je ne sais pas si je suis si lucide comme tu l'écris...mais en tout cas j'analyse beaucoup ce que je ressens, l'environnement, l'évolution des choses. Comme tu le dis si bien il ne faut pas reporter cette addiction sur autre chose...mais le sport ne me derangerait pas. J'ai toujours alterné entre périodes de soirées à boire...puis semaines au sport pour aller mieux.

J'imagine que tu as complètement arreté ?

Merci en tout cas pour tes précieux conseils. Notre instinct de survie doit surement être plus fort qu'une addiction.

Bon courage à toi aussi, et très bonne soirée

Flo66 - 01/01/2018 à 19h46

Bonjour Hugo et bonne annee blunk

Pour le sport je ne me suis pas tres bien exprimé. Il va de soit que ce sera moins nocif que l alcool happy J ai mentionné ca parce qu a l arret de l alcool j ai eu tendance a prendre le meme fonctionnement avec le sport. C est a dire faire ca a fond, sans vraiment prendre soin de moi. Le risque est, qu apres des annees d alcoolisation, le corps peut etre un peu fatigué et une reprise intense peut deboucher sur une blessure. Et la tu perds tout le benefice du truc, tu te retrouves bloquer physiquement et c est pas vraiment cool pour le moral...

Il peut etre donc interessant de commencer par des pratiques plutot douces, pas traumatisantes pour les muscles, les tendons. A part ca c est plutot bon car tu peux y trouver vraiment un cote apaisant blunk Et cela t apprendra des choses sur tes comportements, sur la maniere dont tu fonctionnes.

Tu peux trouver aussi dans les documents mis en ligne par Salmiot des petits trucs pas mal pour le debut de l arret. Je ne me retrouve pas dans la philosophie aa mais la dessus je dirai les memes choses qu eux.


Tu sais avec pas mal de recul( cela fait quelques annees que j ai arrete oui) je me dis que ces comportements addictifs m ont en fait beaucoup appris sur moi. L alcool est venu en bouclier d une perception d emotions qui me semblait ingérable. Et pourquoi j avais ces sensations ? C était du a une sensibilite particuliere.
Quand tout ca reste inconscient et non valorisé par la vie, l entourage, la societe, on est juste trop sensible et l hyperémotivité prend le dessus. Cela devient une prison, nous passons a cote de toute la richesse de cette difference. Mais nous aurons peut etre l occasion d en discuter un peu plus blunk

Bon tout ca n empeche pas qu au debut se passer de l alcool n est pas evident, ca tire pas mal. Tu pourras peut etre reperer 2 types d envies differentes. L une est juste lié au produit, a son manque. Tu vois une bouteille, quelqu un boire et cela declenche l envie. Elle est vive mais finalement assez superficielle, elle ne dure pas longtemps et s apaise avec le temps. Il te faut trouver ton petit truc pour faire passer ca. L autre est un peu differente, elle survient lorsque la vie te remet devant les failles, devant les emotions que tu es venu inconsciemment proteger avec l alcool. Et la c est pas pareil, ca prend vraiment au ventre ( siege des emotions..), ca te vrille… Pour celle la je crois qu il est pas mal d anticiper avec tout ce qui te fera du bien sur l anxiete, puis de ne pas hesiter a aller voir ou ca tape, a quoi ca fait echo avec les therapies et therapeutes qui t inspirent…

L alcool peut aussi t amener dans des etats depressifs, ils sont aussi parfois la avant et restent apres l arret. Ca il ne faut pas le laisser s installer ou perdurer.

Pour finir, sur le moyen et long terme, changer la vision que l on a de l alcool est pas mal car sinon tu risques d etre dans un regret permanent. Par exemple je ne me definis pas comme un malade alcoolique abstinent a vie, l alcool m a accompagné des annees, j ai morflé pendant et un petit moment apres, ce n est pas pour me coller cette identité relié ad vitam eternam a ce psychotrope. As-tu déjà vu un fumeur ou cocainomane qui arrete dire qu il est malade canabique ou cocainomane abstinent a vie ?

Tu as une richesse en toi Hugo, arreter l alcool c est l occasion de lui redonner vie, de t offrir une forme de renaissance. Ca fait mal parfois, ca isole parfois, ca fait enlever des masques, mais ta vie peut prendre un nouveau sens et enfin tu peux te sentir a ta place.

Si tu te decides un jour essaies de preparer un peu ton arret en amont… Et les reprises meme si elles nous font racler le fond sont des occasions d apprendre sur nos consos, nos failles. Pioche dans toutes les idees, vois ce qui te va, je n ai pas suivi non plus de groupes de paroles en dehors de la post cure et pour aller dire ce que j avais trouve pour moi des annees apres. Il n y a pas de baguette magique, a toi de te creer tes clefs, et il y en a plein blunk

A bientôt Hugo et sinon bon courage, ca vaut la peine.


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