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Les abus du futur papa

Par Effie

Bonjour à tous,

Je ne sais plus trop vers qui me tourner et comment gérer/réagir alors je me tourne vers vous qui pourrez comprendre mon ressenti..

J'ai 34 ans et je suis avec mon conjoint (33 ans) depuis 2 ans et dès le départ il m'avait prévenu de son problème: quand je l'ai rencontré, il buvait depuis 4-5 ans une bouteille de rhum par jour, parfois 2 le week-end quand ses "copains" étaient présents, il trouvait ça très drôle et je lui avais pourtant dit dès le départ que c'était rédhibitoire pour moi et que je ne supporterais jamais. Un ou deux mois plus tard, il m'a confié avoir eu un électrochoc lorsque nous avions discuté et il me disait vouloir arrêter, qu'il ne voudrait pas me laisser "passer", avoir commencé à faire des efforts (diminution, arrêt de l'alcool dès le matin, se limiter à quelques verres en soirées etc..). Nous avions eu un vraie coup de coeur et j'ai accepté de commencer une histoire avec lui, je n'attendais que ça mais je ne me doutais pas du pouvoir de l'alcool ni de son pouvoir destructeur.
Je précise que je suis moi-même une bonne vivante, que je sortais beaucoup avec mes amies et qu'il m'arrivait fréquemment d'abuser aussi lors de soirées, mais aucune dépendance pour ma part, aucun problème à rester sans boire ou même à sortir et à boire un jus de tomate!
Je n'avais pas mesuré l’étendue du problème ni même la perversité de cette maladie, je pensais bêtement (et sincèrement pardon pour tous les dépendants) que ce n'était qu'une question de volonté.. J'ai depuis bien évidemment pris conscience de l'absurdité de mes idées préconçues..

Enfin bref, toujours est-il que dès le départ, il retrouvait souvent ses "copains" (je mets des guillemets car tous sont conscients du problème et lui disent sans arrêt "aller, fini ton verre qu'on se reserve"blunk et rentrait tard, sans me prévenir ni répondre au téléphone, dans des états variables, allant du titubage au vomissement dès la porte franchie. A force d'engueulades (comme tous vos témoignages j'ai bien sûr le droit à son agressivité verbale, il n'a jamais été violent physiquement mais purée, verbalement je prends cher!!!), cela s'est calmé un peu pour arriver en gros une fois toutes les 2/3 semaines, son argument est qu'il n'a pas de problème avec l'alcool puisqu'il arrive à tenir sans boire de trop.

En février de cette année, suite à plusieurs épisodes alcoolisés rapprochés, je suis partie de la maison et je lui ai dit de choisir entre l'alcool ou moi, que je serai là pour l'aider s'il le veut mais que lui seul peut prendre la décision, que je le laissais réfléchir mais que j'espérais qu'on puisse s'en sortir et que s'il s'était son choix, il pourrait toujours compter sur moi, que je serai toujours là pour lui. Il y a eu un grand changement, il a continué à voir ses potes mais en buvant seulement une bière ou deux, je retrouvais mon homme.

On a même décidé de faire un bébé (on en parlait depuis longtemps mais l'alcool était vraiment une barrière) et je suis actuellement enceinte de plus de 4 mois et là, depuis fin août, son pote revient en force (il s'est cassé la cheville en tombant de moto, forcément après un apéro, et il est en arrêt de travail), mon conjoint va le voir minimum une fois par semaine, au début c'était variable, il pouvait rentrer sobre comme bourré mais répondait toujours à mes appels.

Il y a 3 semaines il a recommencé à ne plus répondre, à me dire qu'il est sur la route mais en fait toujours pas de retour à la maison, jusqu'au moment où ne sachant plus quoi faire j'ai dit à ma mère de venir (elle est psychiatre, je me suis dit que d'être confronté à une personne extérieure et surtout quelqu'un qu'il respecte ça pourrait peut-être être un élément déclencheur) de venir à la maison et si besoin de m'emmener chez eux pour dormir. Il était complètement déchiré quand il est rentré, il a bien évidement mal pris le fait que ma mère soit présente et que cette fois j'ai pété un plomb, je lui ai dit que c'était une merde, que j'avais honte pour lui et que je ne voulais pas que mon bébé grandisse dans ces conditions, que ça me pourrit la santé depuis 2 ans et que je ne veux pas mettre mon bébé en danger alors qu'il devait choisir, c'est son pote et l’alcool ou moi, que maintenant c'était à lui de choisir et que c'est la dernière fois que je me retrouve dans cette situation.
Alcoolisé il m'a bien sur dit que j'abusais, que je maximisais les choses, qu'il n'y avait rien de grave à boire l'apéro etc.. que je bois aussi, que je suis frustrée d'avoir arrêté de boire pendant ma grossesse et c'est pour ça que je l'emmerde à longueur de temps etc.. etc.. avant bien sûr d'attaquer sur d'autres choses pour détourner la conversation. enfin bref, je suis partie, le lendemain il m'a dit qu'il regrettait qu'il avait abusé, que ça ne se reproduirait plus,que cette fois il avait compris, qu'il devait arrêter de boire quand il voit son pote etc.. Que ça sera du long terme, qu'il ne l'avait jamais pensé comme cette fois-ci....

Je lui ai laissé le bénéfice du doute et hier soir, rebelotte, il est reparti chez son pote (il y était déjà la veille mais n'avait pas abusé car on avait l'échographie du bébé) et là il recommence à ne pas répondre au tel, il devait aller faire les courses, forcément frigo vide en rentrant, il avait bu, peut-être pas autant que d'habitude mais à force je me dis que si je laisse passer cette fois, on sera reparti dans le cercle infernal, je lui ai dit hier que maintenant il avait réussi à me dégouter de lui, que je m'en fichais de lui et que j'aimerais bien qu'il déménage. Il m'a répondu que je n'avais qu'à courir chez papa maman pour me plaindre, je lui ai juste dit qu'il pouvait bien essayer d'être méchant mais que cette fois ça ne marcherait pas car je m'en fichais de ce qu'il disait et pensait, première fois que du coup, il ne dit rien, s'assoit sur le canap et s'endort au bout de quelque temps; moi j'ai fait ma vie, mangé, regardé mon film, allé me coucher (sans le réveiller bien sûr) et ce matin, j'ai attendu qu'il parte pour me lever et partir moi-même au travail.

Je ne sais plus quoi faire, le quitter, lui laisser le bénéfice du doute, qu'une rechute n'est pas grave, que ça ne se reproduira pas? Je n'ai même pas envie de lui parler mais s'il ne rentre pas à la maison je sais que son pote va être tout content d'en profiter et de pouvoir se mettre une mine ensemble.. Je suis la mauvaise dans cette histoire, celle qui l’empêche de voir ses potes et qui ne comprends pas qu'ils s'amusent juste.

Je l'aime vraiment sincèrement et j'ai envie de l'aider mais je vois bien que je ne peux malheureusement rien faire et que maintenant je me dois de préserver mon bébé et ma santé pour que tout se passe bien. Je lui avais dit de choisir entre son pote et l'alcool et moi, il voulait concilier les 2 mais ça ne fonctionne pas visiblement.

Pardon pour tout ce roman mais avec les hormones, le manque de sommeil, je ne sais plus quelle conduite adopter.
Merci à vous d'avoir pris le temps de me lire et pour tous les conseils que vous pourrez m'apporter...

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